La députée solidaire Christine Labrie se déplace en autobus, en taxi et en vélo principalement.

La vie sans voiture de la députée de Sherbrooke [VIDÉO]

Si vous prenez l’autobus en direction de Québec, vous ferez peut-être la route à côté de la députée solidaire de Sherbrooke Christine Labrie. Même si le trajet lui prend près de quatre heures, c’est de cette façon que l’élue sherbrookoise a choisi de se déplacer vers l’Assemblée nationale et ensuite revenir à Sherbrooke.

« Je prends l’autobus le lundi à 18 h et j’arrive un peu avant 22 h à Québec parce que le trajet est vraiment long... » raconte Christine Labrie. Les élus ne siègent qu’à compter du mardi après-midi, mais le trajet du mardi matin ne lui permettrait pas de se rendre à temps à la rencontre du caucus. Le trajet a beau prendre près de quatre heures, elle s’en sert pour travailler.

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« Si je le faisais en voiture, ce serait quand même quelques heures. Moi, je réponds à mes courriels, je fais des suivis de dossier pendant ce temps-là, je gère mes médias sociaux. Ce n’est pas du temps perdu. »

La députée n’a pas de permis de conduire, elle hésite un peu avant d’en parler. Pourquoi?

« Les gens se demandent toujours pourquoi! C’est tellement dans notre culture d’aller chercher un permis de conduire sitôt qu’on en a le droit... J’ai aucune limitation à ne pas avoir de permis, lance-t-elle en riant. Je n’ai pas ressenti le besoin d’aller plus loin. »

« J’ai vu ma mère abandonner l’usage de la voiture elle-même, ma mère qui est dans la soixantaine. Elle utilise Communauto et autres choses, pour des raisons environnementales et économiques. Elle, elle en a reçu beaucoup du jugement, les gens pensaient qu’elle avait perdu son permis de conduire parce qu’elle allait travailler à pied. Les gens avaient un peu pitié et ils pensaient que ce n’était pas choisi tellement que c’est différent comme choix. Les gens sont toujours surpris quand ils savent que je n’ai pas de permis de conduire. »

Son conjoint et elle ont tout de même une voiture familiale. « On s’en sert pour des commissions, du covoiturage, pour des sorties familiales, visiter mon père à Deauville. Mon conjoint va souvent travailler à pied. »

La question du transport a influencé l’emplacement de la maison qu’elle et son conjoint ont choisi.

Christine Labrie opte souvent pour le vélo pendant la période estivale. Elle a d’ailleurs hâte de pouvoir recommencer à pédaler, puisqu’avec ses horaires chargés, elle a moins de temps de faire du sport. « J’ai hâte de pouvoir maximiser mes déplacements pour faire du sport et me tenir en forme », souligne celle qui a trois enfants.

Chaque fois qu’elle a à se déplacer, Christine Labrie se demande d’abord comment elle va le faire.

« J’utilise le taxi quand ça ne fonctionne pas avec l’autobus. Depuis que je suis députée, ça m’arrive régulièrement de prendre le taxi, par exemple quand j’ai deux événements super rapprochés. Quand je dois aller dans un événement dans le parc industriel, c’est sûr que ce n’est pas un quartier accessible », raconte-t-elle en précisant qu’elle utilise l’application Taxi Coop. « Je peux même commander le taxi d’avance. L’application sait où on est. Si je le demande plus de 45 minutes à l’avance, je peux dire à quelle heure j’en ai besoin. C’est vraiment pratique. (...) J’utilise beaucoup le bus, pour ce qui est d’aller à l’université. Je fais beaucoup de déplacements à pied, quand je fais des rencontres avec des organismes du centre-ville, à d’Youville. Chaque déplacement, je me demande comment je vais le faire : c’est une question que je me pose chaque fois. »