Doug Ford a été nommé chef du Parti progressiste-conservateur tard samedi soir lorsque l'exécutif du parti a annoncé qu'il avait devancé par une faible avance l'ex-députée Christine Elliott.

La victoire de Doug Ford à la tête du PCC n'est plus contestée

TORONTO — La courte victoire du tout nouveau chef de l'opposition officielle en Ontario, Doug Ford, n'est plus contestée par sa plus proche rivale Christine Elliot.

M. Ford et Mme Elliot se sont rencontrés dimanche, au lendemain de l'annonce par le Parti progressiste-conservateur de la victoire de l'ancien conseiller municipal de Toronto.

Reconnaissant finalement sa défaite, Mme Elliot a déclaré dans un communiqué qu'elle faisait «confiance aux résultats» après qu'elle eut mené une révision.

«La course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario a été menée à vive allure. Plusieurs virages inattendus ont été négociés le long du chemin. C'est pour cela que mon équipe a révisé, au cours des dernières 24 heures, les résultats d'une élection incroyablement serré.»

Auparavant, l'ancienne députée provinciale avait affirmé avoir remporté le vote populaire, et que des milliers de membres du parti avaient été assignés à la mauvaise circonscription durant le processus du vote. «Je vais me tenir debout pour ces membres et je prévois enquêter sur l'ampleur de l'anomalie», avait-elle affirmé quelques heures avant sa rencontre avec Doug Ford.

Au troisième et dernier tour, M. Ford n'a obtenu que 153 points de plus que sa rivale sur un total de 12 251, selon le site Internet du parti. Au suffrage populaire, on ignore combien chaque candidat a reçu de votes individuels.

Malgré cette réconciliation apparente, M. Ford devra trimer dur pour rétablir l'unité au sein du parti qui traverse de grandes difficultés après le départ tumultueux de son prédécesseur et la course au leadership polarisante qui vient de prendre fin.

Doug Ford, ex-conseiller municipal de la Ville de Toronto et frère de l'ex-maire controversé Rob Ford, a été nommé chef du PPC tard samedi soir lorsque l'exécutif du parti a annoncé qu'il avait devancé par une faible avance l'ex-députée Christine Elliott.

Le nouveau chef a dit vouloir travailler à rétablir l'unité au sein du parti afin de renverser le gouvernement libéral de la première ministre Kathleen Wynne à l'occasion des élections en juin.

«Nous allons vaincre Kathleen Wynne et ramener la prospérité dans cette grande province... Nous unifions l'équipe et nous allons l'emporter contre Kathleen Wynne», a-t-il déclaré alors qu'il assistait au défilé de la Saint-Patrick, à Toronto.

Lors d'un bref discours de la victoire, samedi soir, Doug Ford a reconnu que la course avait laissé des traces chez certains membres du parti, mais il s'est engagé à regagner leur confiance et à rétablir l'unité à temps pour l'élection générale du printemps.

Doug Ford a déclaré qu'il allait remettre le parti sur la bonne voie et que la plateforme électorale allait rejoindre tous les Ontariens.

Tâche considérable

Selon le professeur de sciences politiques à l'Université Ryerson de Toronto, Myer Siemiatycki, le mandat d'unifier le parti représente une tâche considérable pour Doug Ford. Surtout si l'on tient compte de l'approche de confrontation qu'il a déployée durant sa brève carrière en politique municipale ainsi que lors de la course au leadership, précise-t-il.

Le couronnement controversé de Doug Ford vient aussi conclure une journée chaotique d'accrocs et de mauvaise communication qui a provoqué d'intenses tensions à l'intérieur du parti, selon M. Siemiatycki.

«Cela laisse certainement des vestiges d'une profonde division et on n'est pas exactement porté à voir la marque politique Ford comme une bâtisseuse de ponts qui tend la main à ceux qui sont en désaccord afin de trouver des compromis et un terrain d'entente», commente le professeur Myer Siemiatycki.

«Son modèle de leadership est très mâle alpha et il reste encore à voir comment les choses vont évoluer», ajoute-t-il en soulignant qu'il n'y a aucune raison de s'attendre à autre chose maintenant que Doug Ford a pris les commandes.

Tout au long de la campagne, Doug Ford a répété à de nombreuses reprises son intention d'arracher le contrôle du parti des mains des élites pour le redonner aux membres à la base du parti.

Il aussi vanté son expérience de gestion de l'entreprise familiale, affirmant que cela l'a préparé à gérer un gouvernement efficace.

Doug Ford a aussi promis d'éliminer la proposition de taxe du carbone, un élément majeur de la plateforme électorale adoptée sous Patrick Brown en novembre. Il a, par ailleurs, critiqué la décision du gouvernement libéral d'ajouter l'éducation sexuelle au programme scolaire et a promis de permettre aux députés de son caucus de voter librement sur les enjeux politiques.

D'après Myer Siemiatycki, le message populiste de Doug Ford va sans doute lui valoir des appuis, mais l'argument que gérer une entreprise familiale prépare à entrer en politique provinciale est bien mince.

«Si vous entrez au gouvernement en pensant que vous gérez une entreprise familiale, cela peut être vraiment problématique», notamment parce que l'État ne peut pas facturer ses services, fait remarquer le politologue.

Le gouvernement libéral et les néo-démocrates de l'Ontario ont dépeint Doug Ford comme un recul pour les conservateurs, accusant le nouveau chef de chercher les faveurs des membres les plus socialement conservateurs.

«Les conservateurs de l'Ontario ont choisi les intérêts corporatistes avant ceux des travailleurs, l'extrémisme religieux avant le droit des femmes et la réduction des dépenses en santé et en éducation», ont commenté les libéraux après la nomination de Doug Ford.