La vérificatrice générale Guylaine Leclerc

La VG scrutera les baux de Bibeau

La Vérificatrice générale scrutera finalement les baux et contrats que le gouvernement du Québec a ratifiés avec les entreprises de l'ex-argentier du PLQ Marc Bibeau.
Une motion qui confie à l'équipe de la vérificatrice Guylaine Leclerc le mandat d'examiner les contrats de l'homme d'affaires a été adoptée à l'unanimité, jeudi, à l'Assemblée nationale. Les libéraux ont voté en faveur, même si le premier ministre Philippe Couillard a répété depuis quelques jours que la VG était «assez grande» pour décider elle-même de la nécessité de s'impliquer.
Des documents obtenus par le Journal de Montréal démontrent que les enquêteurs de l'Unité permanente anti-corruption (UPAC) ont les propriétés de M. Bibeau à l'oeil. Les policiers ont dénombré une quarantaine de baux locatifs qui lient divers organismes publics avec une entreprise de l'ex-collecteur de fonds libéral.
Les partis d'opposition souhaitent savoir si M. Bibeau a bénéficié d'un traitement de faveur en raison de sa proximité avec l'ex-premier ministre Jean Charest -aussi visé par l'enquête de l'UPAC - et son rôle passé dans le financement du PLQ.
Au bureau de la VG, la directrice des communications, Lucie Roy, indique que la volonté de l'Assemblée nationale sera accomplie. Le calendrier des travaux reste à déterminer.
Les liens professionnels passés de l'actuel chef de cabinet du premier ministre, Jean-Louis Dufresne, avec M. Bibeau, et son rôle dans une opération d'influence du gouvernement Charest, continuent de polariser les deux côtés de la Chambre.
Autant le Parti québécois, la Coalition avenir Québec que Québec solidaire enjoignent le premier ministre Couillard à se départir de son chef de cabinet. «Le bras droit du premier ministre ne peut être mêlé aux histoires de Marc Bibeau, sous enquête de l'UPAC, et rester en poste», a déclaré le péquiste Pascal Bérubé.
M. Couillard maintient que M. Dufresne n'a rien à se reprocher. «Il n'y a rien là-dedans qui indique que M. Dufresne ait manqué d'éthique, a déclaré le premier ministre en Chambre. [...] À ce que je sache, il est permis au Québec de gagner sa vie.»