Des secouristes palestiniens retirent des corps des décombres à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.

La trêve dans la bande de Gaza est prolongée

Le gouvernement israélien a accepté de prolonger de quatre heures la trêve humanitaire en cours samedi dans la bande de Gaza. Le cessez-le-feu devrait donc se poursuivre jusqu'à minuit, heure locale (17 h, heure de Montréal).
L'annonce de la poursuite de la trêve a été faite sur la chaîne de télévision israélienne Channel 10 par le ministre Yuval Steinitz. Il a précisé que la décision avait été prise par le premier ministre et le ministre de la Défense.
M. Steinitz a indiqué qu'un nouveau prolongement du cessez-le-feu serait discuté lors d'une réunion du cabinet plus tard samedi soir.
Un responsable palestinien a pour sa part annoncé, samedi, qu'au moins 1000 Palestiniens avaient été tués depuis le début de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, le 8 juillet.
Un responsable du ministère de la Santé à Gaza, Ashraf al-Kidra, a indiqué que les secouristes avaient récupéré plus de 100 corps dans la seule journée de samedi.
Plus tôt samedi, des milliers d'habitants de Gaza ayant fui les combats entre Israël et le Hamas ont profité de la trêve pour retourner dans les zones frontalières dévastées, y trouvant une destruction étendue: des dizaines de maisons pulvérisées, des routes bloquées par les débris et des fils électriques jonchant le pavé.
Dans la ville de Beit Hanoun, dans le nord de l'enclave palestinienne, les résidents ont constaté l'étendue des dégâts. La plupart d'entre eux ont pris la fuite quelques jours plus tôt, à la suite d'avertissements lancés par Israël indiquant que l'endroit serait pilonné.
Siham Kafarneh, âgée de 37 ans, était assise sur les marches d'une petite épicerie, en pleurs. Cette mère de huit enfants a affirmé que la maison pour laquelle elle avait économisé pendant 10 ans, pour y emménager deux mois plus tôt, avait été détruite. «Il n'y a plus rien. Tout ce que j'avais est disparu», a-t-elle lancé.
Le cessez-le-feu temporaire décrété samedi semble être le seul résultat de la mission de médiation de haut vol entreprise par le secrétaire d'État américain John Kerry et le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon au cours des derniers jours. Les deux hommes n'ont pas été en mesure d'obtenir une suspension des combats pendant sept jours comme préalable à un accord plus vaste, comme ils l'espéraient.
Le ministre israélien de la Défense a plutôt annoncé que l'offensive terrestre pourrait prochainement «prendre beaucoup d'ampleur» à Gaza.
Les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays étaient réunis samedi en France pour poursuivre les discussions sur un cessez-le-feu à plus long terme. En plus de John Kerry, les ministres de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Union européenne, de la Turquie et du Qatar participaient à la rencontre.
Israël a déclenché une importante campagne de bombardements aériens à Gaza, le 8 juillet, et a par la suite déployé des troupes au sol dans le territoire sous contrôle du Hamas, dans le cadre d'une opération qui vise à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes et à détruire les tunnels transfrontaliers utilisés par des combattants pour lancer des attaques.
Les frappes israéliennes ont détruit des centaines de maisons, dont près de 500 lors de tirs ciblés, forçant des dizaines de milliers de personnes à prendre la fuite. Plus de 160 000 Palestiniens ont trouvé refuge dans les dizaines d'écoles gérées par les Nations unies, soit huit fois plus qu'au début de l'offensive terrestre, il y a plus d'une semaine, a indiqué l'ONU.
L'État hébreu affirme faire tout ce qu'il peut pour éviter les pertes civiles, y compris en envoyant des avis d'évacuation dans les zones ciblées, et accuse le Hamas de se servir des civils comme boucliers humains. Depuis le début des affrontements, Israël a perdu 37 soldats et deux civils, et un travailleur thaïlandais a aussi été tué sur le territoire israélien.
La trêve de samedi ne semblait pas destinée à changer quoi que ce soit aux hostilités, alors que les deux camps en ont profité pour se retrancher. Israël veut imposer la crainte. «À la fin de l'opération, le Hamas devrait y réfléchir à deux fois avant de nous menacer à l'avenir», a déclaré vendredi le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon.
Le Hamas, de son côté, refuse de cesser les combats à moins de recevoir des garanties internationales que le blocus de Gaza, en cours depuis sept ans, sera levé. Israël et l'Égypte ont renforcé les contrôles après la prise du pouvoir par le Hamas, en 2007.
L'armée israélienne a indiqué que les troupes répondraient à toute violation de la trêve et poursuivraient «les activités opérationnelles pour localiser et neutraliser les tunnels dans la bande de Gaza». Jusqu'à maintenant, 31 de ces tunnels ont été découverts, et la moitié d'entre eux ont été détruits.
Le gouvernement israélien a également commencé à suggérer que Gaza soit démilitarisée dans le cadre d'un cessez-le-feu permanent pour que le Hamas ne puisse pas se réarmer.
De leur côté, les militants du Hamas ont tiré près de 2500 roquettes vers Israël depuis le 8 juillet.