La semaine politique

Tant qu'à faire
Le chef péquiste Jean-François Lisée écoute-t-il les conseils? En point de presse cette semaine, il a demandé à sa collègue députée de Chicoutimi, Mireille Jean, s'il devait ou non répéter une blague qu'il avait faite plus tôt dans la journée. Le signe de tête de Mme Jean ne laissait pas place à l'interprétation : non. Qu'à cela ne tienne, le chef péquiste s'est lancé. Le mur que veut bâtir le président Trump est une mauvaise idée à la base, a-t-il dit. «Mais, s'il décide de le faire en bois et en aluminium, ça aiderait l'économie du Québec», a-t-il rigolé. À chacun de décider s'il aurait mieux valu pour le chef péquiste d'écouter la recommandation de Mme Jean. 
Rregopons, Rregopez...
Le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP, de son petit nom) est la caisse de retraite de la plupart des employés du secteur public. Le président des Avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ), Denis Jean, en grève depuis 14 semaines, a appris à l'utiliser à toutes les sauces. En adjectif, par exemple : si la somme est rregopable, on en tiendra compte dans le calcul de la rente. Mais, au contraire, en verbe, à l'infinitif, si on ne peut pas la rregoper, la prestation s'en trouvera d'autant réduite. À la fin du plus long conflit de l'histoire de la fonction publique au Canada, Me Denis maîtrisera probablement l'imparfait du subjonctif : «Camarades, il eût mieux valu que nous rregopassions.»
Lancer des pierres
Le moindre observateur le sait, l'un des sports les plus pratiqués à l'Assemblée nationale est de lancer des pierres à l'adversaire. On y rivalise même, puisque les médias en raffolent! Mais ce n'est pas du sport partisan dont nous voulons parler, mais du vrai sport où on lance des pierres, où l'on fait glisser des pierres sur la glace. Le gouvernement du Québec annoncera sous peu d'importants investissements visant à moderniser les arénas et... les centres de curling du Québec. Eh oui, eux aussi accusent le poids des années. Eux aussi ont besoin d'un coup de balai.
Tonnerre de Brest!
Les partis politiques ne savent plus quel verbe employer pour dénoncer une situation. Ils «dénoncent», certes. Mais à la longue, les rédacteurs de communiqué de presse ont envie de trouver des synonymes. Dénoncer, dénoncer, mais encore? À la Coalition avenir Québec (CAQ), dans les communiqués de presse, le chef François Legault continue de dénoncer, mais il «tonne» de plus en plus. On retrouve ce verbe dans de plus en plus de messages de la CAQ.  Dernier exemple date, lundi : «À l'arrivée au pouvoir des libéraux, un travailleur québécois gagnait en moyenne 4395 $ en moins qu'un travailleur ontarien chaque année. Le mois dernier, cet écart s'est creusé davantage pour s'établir à 4552 $. La situation n'est plus tolérable, a tonné M. Legault»...
La mise de... Côté
Chaque semaine, découvrez une des esquisses de caricature laissées en plan par André-Philippe Côté