La semaine politique

Avis aux parlementaires
Ne visons pas nécessairement la ministre Lucie Charlebois, même si elle en fait un usage abondant, trop abondant même. Adressons-nous aux élus de l'Assemblée nationale, qui sont nombreux à employer le verbe adresser pour dire, par exemple, «adresser un problème» ou «adresser une question». Permettons-nous de les corriger en nous référant au Multidictionnaire. Le grand livre nous rappelle que c'est un calque de «to address an issue». Sachons qu'on aborde un problème, qu'on le considère. On peut aussi s'attaquer à une question. Non, «on ne l'adresse pas».
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Prix de consolation
Robert Poëti n'a pas tout perdu en perdant son maroquin aux Transports. Le premier ministre Philippe Couillard lui a préféré Jacques Daoust lors du remaniement ministériel. M. Poëti vient d'être nommé vice-président de la Commission de l'économie et du travail. C'est un prix de consolation. Un simple député gagne 90 850 $ par année. Un ministre, 158 988 $. Un vice-président de commission parlementaire, 109 000 $. C'est tout de même un chouette prix de consolation.
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Le roi du pétrole
Malgré tout le respect qui lui est dû, le président de l'Assemblée nationale se fait vraiment traiter de tous les noms. Encore cette semaine, le péquiste Alain Therrien, concentré sur sa question, a transformé son «Monsieur le Président» par un retentissant «Monsieur le Pétrole». «J'ose espérer que vous n'ajouterez pas "sale"», a répliqué à la blague le président Jacques Chagnon. Bon, ce n'est pas la première fois qu'un président est débaptisé, loin de là. Tenez, par exemple, le 11 février 2010, deux fois en une seule séance. Il y avait la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, qui a appelé le président Yvon Vallières «Monsieur le Scolaire». Et son collègue de l'époque en avait ajouté quelques minutes plus tard en interpellant le président avec un «Monsieur le Besoin».
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Ma parole!
«Tout le monde sait que la prostitution existe depuis toujours, qu'il y a des gangs de rue depuis toujours, que le crime organisé existe depuis toujours. Est-ce que je vais parler du passé toute la journée et toute la semaine?»
- Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Protection de la jeunesse
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Vous avez dit Bolduc?
Si vous ignorez le nom des politiciens qui évoluent au Parlement, n'en développez pas un complexe. Eux-mêmes ignorent parfois qui sont leurs confrères. À preuve, le député péquiste de Matane, Pascal Bérubé, a été bien embêté, cette semaine, lorsque appelé à commenter un mandat donné au député libéral de Lac-Mégantic, Ghislain Bolduc. Est-il normal que M. Bolduc soit chargé d'aller inspecter le traversier F.-A.-Gauthier pour constater «l'état de ses déficiences»? Chacun s'attendait à ce que le député péquiste s'en donne à coeur joie. Mais M. Bérubé a répondu qu'il connaissait «pas les compétences de M. Bolduc». Ce n'est qu'une fois qu'il a réalisé qu'il s'agissait d'un député libéral qu'il s'est mis en marche. «Je viens de comprendre, a dit M. Bérubé. J'ai oublié qui était Ghislain Bolduc. Excusez-moi, c'est mon erreur. Donc il va faire la traverse, puis faire un rapport avec son calepin? C'est n'importe quoi. C'est sérieux, ça?»
Les mises de Côté
Chaque semaine, découvrez une des esquisses de caricature laissées en plan par André-Philippe Côté.
L'équipe du Soleil à l'Assemblée nationale: 
• Jean-Marc Salvet, chef de bureau
• Gilbert Lavoie
• Simon Boivin