La semaine politique

La Saint-Valentin du Dr Barrette
La question portait sur la teneur des discussions entre Gaétan Barrette et Ottawa sur les transferts en santé. Pour montrer l'impossibilité pour lui de répondre au journaliste,  le ministre a fait une comparaison : «Vous savez bien que je ne vous raconterai pas ce qui s'est passé hier soir à la Saint-Valentin...» La réplique du scribe est venue du tac-au-tac : «Ah, avec Mme Francoeur?» En effet, en début de soirée, la veille, ce n'était pas des mots très tendres que s'échangaient M. Barrette et la présidente de la Fédération des médecins spécialistes, Diane Francoeur, en commission parlementaire. Au point où ils ont évité la traditionnelle poignée de mains à la fin de leurs échanges. «Elle est bonne celle-là!» a rigolé le ministre, qui semble avoir apprécié le trait d'esprit. L'histoire ne dit pas si la fin de soirée du ministre était empreinte de plus de romantisme. Souhaitons-le pour lui.
In hoc signo vinces
Ah, la culture générale...  Philippe Couillard semblait fier de sa référence historique lorsque, invité à se placer près des caméras sur un «signe» sur le plancher, il a lancé : «Ah, par ce signe...» à la recherche de quelqu'un pour compléter la citation. Quelques secondes de suspense, avant qu'un collègue érudit sauve la face de la tribu : «Oui, oui, l'empereur Constantin». Vous le saviez, bien sûr, mais la citation «Par ce signe, tu vaincras» réfère à une vision que Constantin 1er aurait eu en 312, avant la bataille du pont Milvius. S'agit-il d'un «signe» religieux acceptable, s'est-il fait demandé. Le premier ministre a retraité vers un symbole plus con-temporain. «Vous savez que le signe religieux le plus important ce matin au Québec, c'est la Sainte-Flanelle», a dit M. Couillard. Mais il a préféré ne pas commenter le congédiement de Michel Therrien. Chacun ses forces, il faut croire.
La mise de Côté
Amour électoraliste?
Caroline Simard est la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré. Elle a pris la parole mardi à l'Assemblée nationale pour souhaiter une bonne Saint-Valentin aux citoyens qui vivent dans sa circonscription. «Quoi de mieux, pour souhaiter la bonne Saint-Valentin aux citoyennes et aux citoyens de la plus belle circonscription à mes yeux, que de leur rappeler que la motivation première de mon engagement en politique en est une de coeur, parce que j'aime profondément nos 28 municipalités ainsi que nos territoires non organisés qui s'étendent sur une superficie de près de 13 000 kilomètres carrés?» Est-ce un amour électoraliste ? Mais, non. Ne soyons pas cyniques. Les députés aiment les citoyens de leur circonscription, un point c'est tout. Et on ne peut empêcher les coeurs d'aimer.
De toutes les couleurs
Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a été piqué au vif par le caquiste Éric Caire, qui l'interrogeait sur les difficultés du Centre des services partagés du Québec. Il a cherché à lui en faire voir de toutes les couleurs. «C'est comme si lui [Éric Caire] détenait la formule magique et que lui, d'un claquement de doigts, serait capable de gérer l'ensemble de tous les services qui sont fournis par le CSPQ aux ministères et aux organismes de l'État.» C'était une mise en bouche. La suite s'est avérée beaucoup plus colorée. M. Caire «aime les cahiers à colorier. Il est en train de lever un cahier à colorier encore une fois. Alors, lui, sa solution se trouve, ou dans les cahiers à colorier ou dans l'abolition de l'organisme.» Piqué au vif, oui.
Ma parole!
«[La Charte des valeurs du gouvernement Marois a contribué à] une certaine normalisation du discours d'exclusion et de xénophobie»
- Philippe Couillard qui, avec cette phrase, a fait bondir le Parti québécois