Les avocats et les notaires de la fonction publique québécoise et de l'Agence du revenu du Québec sont en grève générale illimitée depuis le 24 octobre.

La rentrée politique entravée?

Les discussions intensives entre le gouvernement du Québec et Les avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) ont échoué.
La situation menace désormais d'entraver l'action du gouvernement Couillard et, par-delà, de l'ensemble de l'État au cours des prochaines semaines - après avoir déjà mis pas mal de grains de sable dans la machine depuis la fin octobre.
Le président de LANEQ, Jean Denis, attend maintenant une nouvelle proposition gouvernementale. À défaut, prévient-il, les représentants de son organisation ne retourneront pas s'asseoir devant ceux du Conseil du trésor. La balle est dans leur camp, insiste-t-il.
À ce stade-ci, on ne peut exclure que le gouvernement décide de mettre fin à la grève des juristes de l'État en recourant à une loi spéciale.
Jean Denis se dit indigné de la tournure des discussions intensives des derniers jours. Plutôt qu'une «reconnaissance appropriée de leur rôle particulier et de leur indépendance de fonction», les quelque 1000 avocats et notaires de l'État n'ont reçu que la promesse d'en discuter ultérieurement, déplore-t-il.
«Pour négocier sérieusement, il faut être deux à proposer des compromis. De notre côté, nous l'avons fait.»
Si elle était avalisée, la dernière proposition gouvernementale ne ferait que confirmer que le Québec est «la seule province canadienne à discriminer ses avocats et notaires par rapport à ses autres procureurs», dit-il.
Du côté gouvernemental, on estime que les dernières rencontres ont permis d'entrevoir une entente sur les questions de rémunération. Ce n'est pas la lecture qu'en fait LANEQ.
Les deux parties s'entendent toutefois pour dire que les discussions continuaient d'achopper sur la réforme du mode de négociation du contrat de travail - exigée par les juristes de l'État.
Proposition
Le syndicat souhaite la mise en place d'un mode d'arbitrage exécutoire, lequel prendrait appui sur les travaux d'un comité de rémunération en cas d'impasse avec l'employeur.
Alors qu'il campait jusqu'ici sur un non ferme, le Conseil du trésor a mis de l'eau dans son vin ces derniers jours. Il a proposé la création d'un groupe de travail qui analyserait les fonctions et les responsabilités exercées par les avocats et les notaires de l'État.
Selon cette proposition, ce groupe serait formé de trois membres. L'association syndicale et le gouvernement en désigneraient chacun un et devraient s'entendre sur l'identité du président. À défaut d'accord sur l'identité de ce dernier, le gouvernement le nommerait après consultations.
Selon la proposition qu'il a présentée, le gouvernement se plierait aux recommandations du groupe. 
LANEQ juge la proposition insuffisante.
Étonnement et déception
Au gouvernement, on se dit «étonné et déçu que LANEQ ait brisé l'entente de confidentialité qui entourait les échanges» en plus de mettre un terme à ceux-ci «alors que le gouvernement a fait un pas très significatif pour répondre aux enjeux prioritaires» du syndicat.
«Une négociation commande des compromis des deux parties et le gouvernement a largement fait sa part», ajoute-t-on.
Les avocats et les notaires de la fonction publique québécoise et de l'Agence du revenu du Québec sont en grève générale illimitée depuis le 24 octobre.