Pierre Poilievre

La réforme électorale des conservateurs «inconcevable», dit le DGE

Le directeur général des élections du Québec (DGE), Jacques Drouin, s'explique mal la volonté du gouvernement conservateur de bâillonner son homologue à Ottawa avec son projet de loi conservateur révisant les règles électorales. En vertu de celui-ci, Marc Mayrand n'aurait plus le droit de faire de la publicité pour encourager les Canadiens à se rendre aux urnes.
«Il n'a pas juste dit qu'il ne voulait plus que M. Mayrand fasse de la publicité sur la participation électorale, il a même dit qu'il fallait arrêter les programmes d'éducation à la démocratie. Je trouve ça... Je ne suis pas capable de comprendre ça», s'est prudemment avancé M. Drouin.
«Je ne suis pas capable de comprendre que l'on veuille exiger d'un fonctionnaire nommé par la Chambre des communes de ne pas faire de publicité sur la participation électorale. Non, désolé, mais je ne suis pas capable de concevoir ça», a répété à plusieurs reprises le DGE du Québec en entrevue téléphonique, en prenant soin de bien peser ses mots.
Au début du mois de février, le secrétaire d'État à la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, a déposé le projet de loi C-23. En plus de l'empêcher de promouvoir l'exercice démocratique, celui-ci interdirait le vote, avec témoin, aux gens sans carte d'identité et enlèverait à Élections Canada son pouvoir d'enquête sur d'éventuelles irrégularités. Le principal intéressé avait vivement dénoncé les intentions d'Ottawa.
Jacques Drouin l'imiterait si le gouvernement du Québec décidait d'aller dans le même sens que celui du Canada. «Je vais sûrement réagir si on exigeait ça de nous. On a pris une orientation qui allait dans le sens contraire il n'y a pas longtemps», souligne le DGE, s'empressant d'ajouter qu'il ne croyait pas que les élus québécois avaient de telles intentions.