La problématique de la reconnaissance des diplômés étrangers au menu

Le gouvernement Couillard s’attaque à la problématique de la reconnaissance des diplômes étrangers jugeant qu’il y a trop de «tragédies humaines» parmi les immigrants qui deviennent une fois arrivés au Québec, chauffeurs de taxi ou plongeurs dans un restaurant malgré leurs diplômes en médecine ou en ingénierie par exemple.

Une «grande rencontre» s’est tenue jeudi à l’hôtel Le Concorde pour trouver des solutions concrètes afin de faciliter le parcours du combattant que représente l’accès aux professions réglementées pour les professionnels immigrants formés à l’extérieur de la province. 

La journée d’échanges, qualifiée d’«historique» par ses organisateurs, a réuni autour de la table les 46 ordres professionnels du Québec, plusieurs ministres du gouvernement ainsi que les établissements d’enseignement et de santé. 

«Trop souvent, on se relançait la balle», a admis la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui s’est réjouie de ce «premier pas non négligeable» vers un meilleur arrimage des différents intervenants jouant un rôle dans l’intégration des professionnels étrangers dans la province. 

Il a notamment été convenu de mettre sur pied un guichet unique afin que les personnes hors Québec aient rapidement accès à toute l’information nécessaire concernant les démarches et les délais liés à leur future intégration à un ordre professionnel québécois. Celui-ci devra disponible «très bientôt», a promis le nouveau ministre de l’Immigration, David Heurtel. 

Son homologue à la Santé, Gaëtan Barrette, a de son côté évoqué la nécessité d’améliorer l’accès et la disponibilité des stages dans le réseau. Il a également soulevé la problématique des coûts que représentent les formations d’appoints, proposant notamment de permettre aux professionnels étrangers d’occuper un emploi connexe dans le milieu dans l’attente de leur nouveau sceau professionnel. 

D’autres mesures devraient être élaborées à partir des recommandations formulées par la centaine de participants de la journée. Le président de l’Office des professions du Québec, Jean-Paul Dutrisac, s’est dit très satisfait des échanges. Comme l’a fait en début de journée Philippe Couillard en qualifiant de «tragédies humaines», M. Dutrisac a dit regretter les difficultés qu’éprouvent certains immigrants qui choisissent, plus de la moitié du temps, d’abandonner leurs démarches afin que leurs diplômes soient reconnus.