Le maire de Montréal, Denis Coderre.

La police s'intéresse à un don de 25 000 $ à Denis Coderre

Le maire de Montréal Denis Coderre a reçu un chèque de 25 000 $ sans le déclarer conformément aux règles sur les conflits d'intérêt car, a-t-il indiqué lundi, il le considérait comme un «don» et non «un cadeau».
Denis Coderre a confirmé à Radio-Canada avoir encaissé un chèque de 25 000 dollars $ de la part d'un «ami», l'homme d'affaires Jean Rizutto. M. Coderre a fait un chèque du même montant pour payer des frais d'avocats en 2012.
Le maire de Montréal, à l'époque député fédéral, a admis qu'il aurait «peut-être» dû le déclarer et qu'en tout état de cause il ne «prend pas de l'argent de n'importe qui».
«Je ne l'ai pas déclaré car je ne le considérais pas comme un cadeau», s'est défendu le maire de Montréal suite à une enquête du Journal de Montréal ayant révélé la transaction, en rappelant que M. Rizutto est «un ami de longue date» du maire.
Le code d'éthique sur les conflits d'intérêts oblige un élu à déclarer dans les 60 jours tout «cadeau ou autre avantage» de plus de 500 $.
Pour sa défense, Denis Coderre soutient qu'il n'y a «pas du tout» d'apparence de conflit d'intérêt car il n'avait pas la capacité d'octroyer des contrats publics avant de prendre ses fonctions à la Ville de Montréal, et qu'il n'en a octroyé aucun à Jean Rizutto depuis.
Son chef de cabinet est un ancien directeur général d'une entreprise de Jean Rizutto qui était chargé de collecter des fonds pour le parti libéral du Canada.
Selon l'enquête du Journal de Montréal, la police fédérale et l'unité anti-corruption du Québec (UPAQ) enquêtent sur cette transaction non-déclarée, que le gendarme de l'éthique aurait qualifié de «douteuse».
«Après avoir nié», le maire s'est «ensuite rétracté pour dire qu'effectivement il a bien reçu un chèque et tente maintenant de minimiser l'affaire», a déploré Valérie Plante, responsable de l'opposition au conseil municipal.