Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le chef parlementaire du PQ Pascal Bérubé  
Le chef parlementaire du PQ Pascal Bérubé  

La mort d’une Québécoise après le vaccin AstraZeneca, «un gros problème», dit Pascal Bérubé

Caroline Plante
La Presse Canadienne
Article réservé aux abonnés
Le décès d’une Québécoise de 54 ans dû au vaccin AstraZeneca risque d’être un «point tournant» dans la campagne de vaccination, selon Pascal Bérubé.

Mercredi, le chef parlementaire du Parti québécois (PQ) a dit craindre que ce décès ne ralentisse le rythme de vaccination au Québec et nuise aux objectifs du gouvernement.

Il a déclaré en point de presse que les gens dans sa circonscription de Matane-Matapédia avaient peur, que plusieurs d’entre eux ne voulaient plus de ce vaccin.

C’est un point tournant («game changer»), a-t-il dit en anglais.

Selon M. Bérubé, il est «clair» que ce décès aura un impact, peut-être même sur l’objectif du gouvernement d’offrir une première dose de vaccin à 5,3 millions de Québécois d’ici au 24 juin.

Dans les circonstances, le gouvernement devrait se hâter de mettre sur pied une campagne d’information afin de rassurer la population, suggère Pascal Bérubé.

Lui-même n’avait pas l’air rassuré mercredi, lorsqu’il a comparé le vaccin AstraZeneca à une «loterie».

«Qui peut nous rassurer? Bien, les scientifiques, en disant: «Voici la loterie, voici le taux de complications possibles. (...) Soyez attentifs après l’admission du vaccin»», a-t-il déclaré.

Depuis le début, l’AstraZeneca a été «difficile à vendre», ajoute l’élu péquiste. «Et là, quelqu’un est mort. (...) C’est un gros problème.»

«C’est difficile de convaincre un quinquagénaire de se faire vacciner avec l’AstraZeneca, quand une personne du même âge est décédée au Québec. Ce n’est pas de la bonne publicité.»

Le gouvernement fait face à un «défi», a renchéri le leader parlementaire du Parti libéral du Québec (PLQ), André Fortin.

«Lorsque tu te rends à la clinique de vaccination, tu t’attends à être protégé. (...) Il y a des gens qui ont des craintes par rapport à ce vaccin-là, et on ne peut pas simplement les mettre de côté, les ignorer.

«Il y a un devoir d’informer, tant au niveau des bénéfices qu’au niveau des risques.»

La co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé, qui est âgée de 57 ans, a affirmé pour sa part avoir reçu l’AstraZeneca.

«Je me porte bien, a-t-elle dit. Je ne crois pas que le risque zéro existe. Mais (...) zéro vaccin, bien ça, c’est l’augmentation du virus, c’est certain.»

Un cas sur 100 000

Francine Boyer est décédée vendredi dernier d’une thrombose cérébrale à l’Institut-hôpital neurologique de Montréal. Elle avait reçu une première dose du vaccin AstraZeneca le 9 avril.

Au cours des jours qui ont suivi, Mme Boyer a ressenti une grande fatigue accompagnée de maux de tête.

Elle s’est alors rendue à l’hôpital le plus près, puis, comme sa condition se dégradait, elle a été transférée à l’Institut-hôpital neurologique de Montréal, indique un communiqué.

La famille de Mme Boyer a dit encourager les personnes qui reçoivent un vaccin à «rester alerte quant aux symptômes ou réactions inhabituelles et à communiquer avec Info-Santé (811) en cas de doute».

Trois autres personnes sont sous surveillance au Québec, ayant éprouvé elles aussi des problèmes de santé possiblement reliés à la prise de ce vaccin.

Malgré cela, dans une optique de coût-bénéfice, le vaccin AstraZeneca demeure fiable, a soutenu mardi le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a également voulu se faire rassurant, en affirmant que 400 000 personnes avaient déjà reçu le vaccin AstraZeneca au cours des dernières semaines.

Québec savait que le risque de provoquer une thrombose cérébrale en injectant ce vaccin était d’un cas sur 100 000.