La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland a soutenu lundi que le Venezuela et le Canada se trouvent dans les mêmes environs géographiques et que le Canada a un rôle à jouer en appuyant les institutions démocratiques du pays et le respect des droits de la personne.

La ministre Freeland accentue la pression diplomatique sur le Venezuela

TORONTO - Le Canada craint que la tourmente politique et économique au Venezuela entraîne une crise de réfugiés pour le pays sud-américain et ses voisins, a affirmé lundi la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Mme Freeland a indiqué qu’elle irait porter ce message avec son homologue du Pérou aux Nations unies à New York, lundi, à la suite de son allocution lors d’une conférence de gens d’affaires à Toronto.

Le Canada et le Pérou ont coprésidé une rencontre de ministres du Groupe de Lima la semaine dernière à Toronto.

Mme Freeland et le ministre péruvien Ricardo Luna ont été envoyés pour s’entretenir avec le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

À l’exception du Canada, les 12 membres du groupe font partie de l’Amérique latine.

Mais Mme Freeland a soutenu lundi que le Venezuela et le Canada se trouvent dans les mêmes environs géographiques et que le Canada a un rôle à jouer en appuyant les institutions démocratiques du pays et le respect des droits de la personne.

«Je crois en fait (...) qu’il s’agit d’une crise humanitaire en plus d’une crise politique. Nous voyons de véritables souffrances pouvant être évitées pour la population du Venezuela», a déclaré Mme Freeland au Forum mondial de Toronto, avant de prendre la route de New York pour la rencontre aux Nations unies.

«Et je crois (...) qu’il y a également des indices croissants d’une crise régionale de réfugiés. La Colombie et le Brésil font face à beaucoup de pressions. Alors j’estime qu’il s’agit d’un secteur où le Canada se doit d’être très investi», a-t-elle ajouté.

La chute considérable des prix du pétrole à l’échelle mondiale depuis la fin de 2014 et la dévaluation de la monnaie vénézuélienne ont alimenté une inflation monstre ayant causé des pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres biens de première nécessité.

Le gouvernement du président Nicolas Maduro, qui a succédé au socialiste Hugo Chavez, a aussi été accusé d’abus de pouvoir en raison de la création d’une nouvelle assemblée constituante s’attribuant l’autorité suprême sur les autres branches du gouvernement, incluant l’Assemblée nationale où l’opposition est majoritaire.

En septembre, Mme Freeland a annoncé que le Canada avait imposé des sanctions contre 40 figures clés du régime vénézuélien, incluant M. Maduro, qui a contribué, selon elle, à miner la stabilité du pays.

La ministre a affirmé lundi que le soutien d’alliés aiderait à faire davantage pression sur le Venezuela.