Le conseil municipal a décidé l’été dernier de démolir la résidence du 1201, avenue Principale, à Saint-Malachie, pour faire place à un stationnement.

La ministre de la Culture empêche la démolition d’une maison ancestrale à Saint-Malachie

La ministre de la Culture Nathalie Roy empêche la démolition au cours des 30 prochains jours d’une maison ancestrale située au cœur de la municipalité de Saint-Malachie.

Une ordonnance de sauvegarde a été envoyée à cette municipalité de Bellechasse, en Chaudière-Appalaches, le 23 janvier. Le conseil municipal, qui avait l’intention de la démolir, devra attendre que des experts du ministère de la Culture l’inspectent et décident si le bâtiment construit dans les années 1860 présente ou non une valeur patrimoniale.

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La ministre Roy veut avoir «tous les éléments en mains afin de prendre une décision réfléchie et éclairée dans ce dossier.»

«Il s’agit d’un geste fort et responsable qui démontre la ferme volonté de notre gouvernement de déployer tous les efforts nécessaires afin de préserver notre patrimoine et notre histoire», indique la ministre dans un courriel envoyé au Soleil. 

C’est le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) qui a sonné l’alarme la semaine dernière, s’inquiétant du sort réservé à la résidence du 1201, avenue Principale, à Saint-Malachie. 

Geste rare

Il est assez rare qu’un ministre de la Culture utilise ce pouvoir d’envoyer une ordonnance de sauvegarde pour un bâtiment menacé de destruction. Selon le cabinet de la ministre Roy, ce pouvoir n’a été utilisé que quatre autres fois depuis 2012, soit dans les cas de la maison Redpath à Montréal, de la maison Déry à Charlesbourg, du centre communautaire Jean-Marie-Roy, à Saint-Augustin-de-Desmaures et du Château Beauce, à Sainte-Marie. 

En poste depuis trois mois, la ministre Roy a déjà utilisé ce pouvoir deux fois, soit dans le cas du Château Beauce et de cette maison à Saint-Malachie. Elle souhaite que les municipalités collaborent plus étroitement avec le ministère de la Culture lorsqu’il est question de patrimoine. 

Pas à la bonne place

Le maire de Saint-Malachie Denis Laflamme a l’intention de se conformer à la directive de la ministre et d’attendre l’avis des experts. De toute façon, la maison n’allait pas être démolie dans les prochaines semaines. 

M. Laflamme explique que lorsque le propriétaire de cette maison l’a vendue au conseil municipal, c’était dans le but que le terrain serve de stationnement. «La maison, quant à moi, elle est bonne. C’est juste qu’elle est pas située à la bonne place», indique le maire. 

M. Laflamme est d’avis que la sécurité des citoyens est en jeu, parce que plusieurs conducteurs ont pris l’habitude de stationner dans la rue pour fréquenter, entre autres, l’épicerie voisine. «C’est pour la sécurité qu’on fait ça et pas pour avantager un commerce», lance M. Laflamme. 

Il espère que si le gouvernement juge que la résidence a une valeur patrimoniale, «il va nous fournir l’argent qui va avec» ce statut.