La hausse inattendue des transferts en péréquation doit servir à réduire la taxe santé dès avril prochain, a proposé jeudi le chef caquiste, François Legault.

La hausse de la péréquation doit servir à réduire la taxe santé, réclame la CAQ

La hausse inattendue des transferts en péréquation doit servir à réduire la taxe santé dès avril prochain, a proposé jeudi le chef caquiste, François Legault. Une proposition aussitôt rejetée par le ministre des Finances, Nicolas Marceau.
Le montant de péréquation que touchera le Québec pour l'année 2014-2015 sera plus élevé de 548 millions $ que le chiffre apparaissant dans les dernières évaluations du gouvernement du Parti québécois. Plutôt que de 8,7 milliards $, le gouvernement québécois encaissera un chèque de péréquation d'environ 9,3 milliards $.
Ce, a insisté François Legault, «parce que l'écart économique entre le Québec et le reste du Canada continue de grandir».
La moitié de ces 548 millions $ «imprévus» doit permettre de diminuer, dès le 1er avril, la taxe santé «des gens de la classe moyenne», a-t-il plaidé. Il a demandé à la première ministre Pauline Marois «de donner de l'oxygène» aux citoyens gagnant moins de 45 000 $.
Il a suggéré de consacrer l'autre moitié de la hausse inattendue à la réduction du déficit annuel.
«Les Québécois ont besoin d'un répit, a fait valoir François Legault. C'est important, surtout pour être capable de relancer la consommation des ménages.»
Cette proposition permettrait aux familles concernées de bénéficier de 200 à 400 $ de plus par année, selon la Coalition avenir Québec. En tout, 2,5 millions de Québécois auraient plus «d'argent dans leurs poches».
L'initiative permettrait aussi - ou aurait permis, faudrait-il plutôt déjà écrire - «de relancer l'économie du Québec», d'après son plaidoyer.
Rappelons que le caquiste Christian Dubé déposera par ailleurs sous peu un rapport explicitant la façon dont la Coalition réduirait les dépenses de l'État québécois de 1,7 milliard $ dès la prochaine année fiscale, si elle était au pouvoir.
Le gouvernement Marois a rapidement taillé en pièces la proposition caquiste. Il a usé de termes durs pour ce faire.
«La CAQ démontre à nouveau son amateurisme en promettant des baisses d'impôts avec de l'argent qui doit servir à assainir nos finances publiques et à stimuler l'économie, a fustigé le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau. Ce que M. Legault propose, c'est un chèque de 274 millions $ combiné à des coupes dans les dépenses de 1,75 milliard $. Cela revient à promettre de freiner l'économie du Québec.»
Le montant supplémentaire que recevra le Québec d'Ottawa ira entièrement à la réduction du déficit annuel de la province, doit-on comprendre.