Le matériel, comme les formulaires, les bulletins de vote, les urnes et les isoloirs, n'aura pas à être renouvelé.

La FECQ et la FEUQ axeront leurs efforts pour faire sortir le vote sur les campus

Deux des principales fédérations étudiantes - la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) - se promettent d'être de la prochaine campagne électorale. Ce ne sera pas en mode de guerre totale comme cela avait été le cas contre le gouvernement libéral sortant de Jean Charest, à l'été 2012.
Lundi, la FEUQ, qui représente 125 000 personnes inscrites à l'université, et la FECQ, dont les 70 000 membres proviennent du secteur collégial, ont confirmé qu'elles participeront activement au scrutin. Leur but premier ne porte pas sur des revendications, mais davantage sur la participation des jeunes à l'exercice démocratique.
Thierry Morel-Laforce, président de la FEUQ, a insisté sur le fait que les efforts de son organisation seront «axés sur la sortie du vote sur les campus». Sa vis-à-vis à la FECQ, Éliane Laberge, a soutenu que, lors du précédent scrutin, la mobilisation étudiante a permis de faire passer le taux de participation des 18 à 24 ans de 36 % (en 2008) à 61 %.
Mme Laberge a reconnu «que le contexte politique a rendu les choses plus faciles» pour rallier les troupes estudiantines à l'élection qui a amené le Parti québécois de Pauline Marois au pouvoir, le 4 septembre 2012.
Le gouvernement Charest avait été en butte à d'incessantes manifestations, animées par les étudiants, surtout dans les rues de Montréal, après avoir décrété de spectaculaires hausses des frais de scolarité à l'université. Le premier ministre de l'époque avait été contraint de mener une campagne hors des grands centres urbains.
Éliane Laberge a admis «que nous ne sommes pas dans la même dynamique» de confrontation avec l'équipe gouvernementale. Elle a signalé que son groupe oeuvre avec les organisateurs de la FEUQ pour mettre au point un concept qui stimulera la participation des inscrits dans les cégeps et les universités. Au programme, des sites Internet, de traditionnelles campagnes avec des affiches et l'utilisation, évidemment, des réseaux sociaux.
Demandes à l'ordre du jour
Si la confrontation n'est plus à l'ordre du jour, les deux fédérations mettront tout de même de l'avant des demandes, aussi bien à l'intention du gouvernement que des partis qui aspirent au pouvoir.
À la FEUQ, Thierry Morel-Laforce a rappelé que le gel des droits de scolarité fait toujours partie des demandes, même si le PQ estime avoir liquidé le problème en décrétant que la facture pour s'inscrire à l'université sera haussée en fonction de l'évolution du coût de la vie.
Le président de la fédération universitaire a aussi indiqué que son organisation réclame que les étudiants qui travaillent l'été au salaire minimum ne soient plus du tout pénalisés lorsqu'ils présentent une demande de prêts et bourses. «Nous demeurons un groupe de pression», a-t-il commenté.
Les deux leaders étudiants ont indiqué qu'il n'y a pas de malaise dans le parcours que suivent leurs prédécesseurs respectifs : l'ex-président de la FECQ lors du «printemps érable», Léo Bureau-Blouin, est devenu député du Parti québécois (PQ) dans Laval-des-Rapides tandis que Martine Desjardins, présidente de la FEUQ au même moment, réfléchit à la possibilité de se porter candidate pour le PQ.
«Député ou candidate, cela ne change rien à notre travail», a commenté Thierry Morel-Laforce. Comme elle l'a mentionné lorsque Léo Bureau-Blouin s'est lancé en politique, Éliane Laberge «pense que les jeunes ont leur place à l'Assemblée nationale. S'il y en a qui se présentent, on ne peut que le saluer.»