Le président de la CSN, Jacques Létourneau (au centre), avait pris part à une manifestation au Centre des congrès de Lévis, le 23 septembre.

La CSN prévient les maires de ne pas accepter le pacte fiscal, sinon «ça va brasser»

Les syndicats ont été soufflés d'apprendre que le gouvernement du Québec a accepté de donner aux municipalités le pouvoir de décréter les conditions de travail de leurs employés lorsqu'une négociation achoppe. Ils ont fait sentir leur mécontentement quelques minutes avant la réunion des maires de l'UMQ, au Centre des congrès de Lévis, qui doivent se prononcer sur le pacte fiscal.
Par «pur hasard», nous dit-on, la CSN tenait son conseil confédéral de la rentrée au même endroit que la réunion de l'Union des municipalités mercredi. Vers 15h45, les syndiqués se sont rassemblés avec drapeaux et crécelles, à quelques mètres de l'entrée de la salle. 
Ils ont voulu lancer un message ultime aux maires, avant qu'ils ne votent sur le pacte fiscal, qui prévoit des compressions de 300 millions $ annuellement, pendant quatre ans, en échange de nouveaux pouvoirs, comme celui de décréter les conditions de travail. 
«Si les maires embarquent là-dedans, ça va brasser dans les municipalités, je peux vous l'assurer», a lancé Jacques Létourneau, président de la CSN, qui croit que ce pacte n'a qu'un but: forcer les municipalités à accepter d'énormes compressions, en échange de quoi elles pourront rogner sur les conditions de travail des employés et ainsi économiser.
«Le message est clair: les municipalités, avalez le 300 millions $ et on va vous donner les outils pour aller le chercher ailleurs. Ça le chercher ailleurs, c'est sur le dos du monde», a lancé Denis Marcoux, président de la Fédération des emplois et des employés de services publics (FEESP-CSN). 
Les dirigeants craignent que le pacte fiscal soit adopté parce que les mesures proposées favorisent une poignée de maires. «C'est évident, et c'est inversement proportionnel à la taille des villes. On s'entend que c'est les grandes villes qui ont été en demande là-dessus et qui ont une influence importante à l'UMQ», soutient M. Marcoux. 
Il pointe plus précisément Denis Coderre, maire de Montréal, et Régis Labeaume, maire de Québec. «Le foyer d'incendie est là, ça s'est répandu, mais le foyer d'incendie est là», ajoute-t-il. 
Le monde syndical, qui se remet à peine des impacts de la Loi 3 sur les régimes de retraite, craint que le climat dans les municipalités s'envenime davantage si un tel pacte est accepté. 
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