Le député de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, était en Gaspésie lundi. Il voyage en avion nolisé pour cette tournée qui devrait coûter environ 20 000 $.

La course «n'est pas terminée», dit Péladeau

Pierre Karl Péladeau «ne partage pas» l'analyse de Jean-François Lisée voulant qu'il détienne une avance insurmontable dans la course à la direction du Parti québécois. La campagne «n'est pas terminée, elle n'est même pas commencée», a lancé M. Péladeau en réaction au retrait de son adversaire, annoncé vendredi.
«C'est sa décision. Jean-François est un actif considérable, qui a entamé de nombreuses réflexions. Je réitère mon envie de travailler avec lui pour réaliser l'article 1 [du programme du PQ], soit la souveraineté», a déclaré M. Péladeau, à Gaspé lundi pour une tournée régionale.
L'automne dernier, M. Lisée a déclaré que Pierre Karl Péladeau ne peut pas à la fois demeurer actionnaire de contrôle du groupe médiatique Québecor et devenir chef du Parti québécois.
M. Péladeau a sous-entendu qu'il souhaite voir les autres candidats demeurer dans la course. «Il est très utile que tous les candidats, nous puissions nous imprégner des régions, de leurs défis, de leurs souhaits.»
Le député de Saint-Jérôme était aux Îles-de-la-Madeleine dimanche et en Gaspésie lundi. Il sera sur la Côte-Nord mardi et en Abitibi à partir de demain soir. Il voyage en avion nolisé et est accompagné de trois employés de campagne, en plus de sa conjointe Julie Snyder qui l'a rejoint par ses propres moyens pour l'escale madelinienne.
Cette tournée devrait coûter environ 20 000 $, a indiqué son attaché de presse, Marc-André de Blois. Il s'agit d'une «approximation», insiste-t-il.
Les frais seront payés par le fonds de campagne de M. Péladeau et comptabilisés dans la somme maximale de 400 000 $ que les candidats peuvent dépenser d'ici le scrutin du 15 mai.
La somme n'inclut pas la tournée des 16 et 17 janvier, qui avait mené M. Péladeau de Cap-Chat en Haute-Gaspésie à Thetford Mines, en passant par Rimouski et Rivière-du-Loup. Celle-là a coûté beaucoup moins cher, précise M. de Blois, puisqu'elle a été faite en voiture.
«Mauvais», le Plan Nord
La politique du gouvernement Couillard, qui «parie sur le Plan Nord, est mauvaise», estime M. Péladeau. Le Québec doit plutôt investir dans ses PME, qui sont les grandes entreprises de demain.
Le gouvernement libéral a «laissé tomber les régions» en coupant les vivres aux centres locaux d'emploi et aux conférences régionales des élus, juge l'aspirant-chef.
Le Québec doit aussi reprendre le contrôle sur ses pêcheries pour tirer le plein potentiel de son littoral, ajoute M. Péladeau. «J'ai du mal à comprendre que nous devions demander la permission à des fonctionnaires à Ottawa pour développer nos pêcheries.»
Lors de la course à la direction du PQ de 2005, neuf candidats au poste de chef avaient débattu à Chandler, en Gaspésie, devant des militants.
M. Péladeau s'est dit «prêt à faire tous les débats que le PQ décidera de faire.» Il a éludé la question lorsque Le Soleil lui a demandé s'il militerait en faveur d'un débat en Gaspésie. Le président de campagne «ne [lui] parle pas» et il ne connaît pas ses intentions, répond-il.
À l'exception de M. Péladeau, les quatre autres candidats et M. Lisée ont signé une lettre réclamant cinq débats pendant la course à la direction.