Gabriel Nadeau-Dubois (à droite) et le député Amir Khadir, après que ce premier ait annoncé qu'il se joint à Québec solidaire et qu'il souhaite en être porte-parole.

La classe politique a «trahi» le Québec, selon Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois veut en finir avec l'alternance au pouvoir des péquistes et des libéraux qui ont tour à tour «trahi» les Québécois pour favoriser leurs «amis».
L'ex-figure de proue du mouvement étudiant a confirmé jeudi qu'il veut défendre les couleurs de Québec solidaire dans Gouin à la prochaine élection. Il souhaite aussi obtenir le poste de porte-parole masculin du parti. 
«Il est vraiment temps de mettre fin au blocage politique du Québec, a lancé M. Nadeau-Dubois. Je me joins à QS parce que c'est le seul parti où je suis chez moi.»
M. Nadeau-Dubois saute à pieds joints dans la politique partisane. Il a choisi Québec solidaire parce qu'il est indépendantiste et de gauche, a-t-il expliqué. Il faut «absolument» sortir du pouvoir la classe politique qui gouverne depuis 30 ans, selon lui. «Elle a toujours choisi ses amis - les grandes entreprises, les firmes d'ingénieurs, le lobby des médecins - avant le peuple québécois, a-t-il dénoncé. Qu'elle soit ou non au pouvoir, qu'elle soit rouge ou bleu, elle fait toujours les mêmes choix», a-t-il lancé. Les deux partis ont exploité la religion pour se faire du capital politique et privilégié la voie de l'austérité budgétaire «quitte à mettre les enfants dans des écoles en ruines». 
Cela n'empêche pas l'homme de 26 ans de souhaiter la poursuite des discussions avec le PQ pour battre les libéraux. «C'est clair qu'il n'y aura pas de fusion, a assuré
M. Nadeau-Dubois. Est-ce qu'on peut s'entendre en 2018 sur certains pactes électoraux? Je pense que c'est possible, mais ce sera la décision des membres de QS.»
Union avec Option nationale
Le candidat à l'investiture dans la circonscription laissée vacante par la démission de Françoise David souhaite aussi une union avec Option nationale. Il s'agit selon lui du «seul parti qui partage vraiment notre projet de société». L'actuel chef d'Option nationale, Sol Zanetti, voit d'un bon oeil des discussions sur un rapprochement, dans la mesure où les stratégies d'accès à l'indépendance parviennent à s'arrimer. «Ce sont de bonnes propositions, mais il devra se faire élire et convaincre les gens de QS d'aller dans cette direction-là», a déclaré M. Zanetti. 
Il s'agit là de l'une des trois propositions de M. Nadeau-Dubois pour élargir rapidement la base d'électeurs de Québec Solidaire. Il souhaite aussi moderniser la vie démocratique du parti afin de la rendre plus attrayante pour les jeunes. Il veut également réunir la meilleure équipe de candidats pour la prochaine élection en mettant l'accent sur des gens des communautés culturelles et de l'extérieur de Montréal.
M. Nadeau-Dubois reconnaît que la partie n'est pas «gagnée d'avance» pour QS dans les régions. Notamment à Québec. Mais la tournée Faut qu'on se parle lui a permis de constater que «c'était surfait cette réputation de Québec d'être une région unanimement à droite ou homogène politiquement», a-t-il affirmé. «Il y a une droite à Québec, il y a aussi une gauche, et c'est comme ça dans toutes les régions du Québec», a-t-il avancé.
Les Québécois se souviendront des carrés rouges
Les frasques du printemps érable de 2012 colleront à la peau de l'ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois et nuiront à son parti, estime le bureau du premier ministre Philippe Couillard. 
«Si Québec solidaire veut faire oublier que Gabriel Nadeau-Dubois reste toujours celui qui a toujours refusé de condamner les actes de violence des carrés rouges lors du conflit étudiant, les Québécois, eux, ne l'oublieront pas», a commenté le directeur adjoint du cabinet, Charles Robert, jeudi. 
À titre de porte-parole de la CLASSE, lors de la grève étudiante, M. Nadeau-Dubois a toujours plaidé qu'il n'avait pas le mandat de condamner des gestes posés par certains membres. 
Au Parti québécois, le leader parlementaire, Pascal Bérubé, préfère s'attarder au message d'ouverture à la convergence souverainiste qu'aux attaques sur le bilan péquiste des dernières décennies. «Je dirais qu'il faut davantage se tourner vers l'avenir et ne pas vivre dans le passé, a indiqué M. Bérubé. Le PQ a fait preuve sous Jean-François Lisée et Pierre Karl Péladeau d'une humilité qui a permis d'admettre que, dans certains cas, on aurait pu faire les choses différemment.»
Il est convaincu qu'une union des «forces du changement» permettra de renverser le gouvernement libéral en 2018. «Il ne faut pas manquer notre coup», a lancé M. Bérubé. 
À la Coalition Avenir Québec, le directeur des communications, Guillaume Simard-Leduc, estime que les discussions de convergence avec M. Nadeau-Dubois mettront «encore plus en évidence le côté "passé date" du PQ». La souveraineté est une «idée du passé», dit-il, et le PQ ne peut faire abstraction de l'opposition de Québec solidaire au libre-échange, a-t-il affirmé.