Me Marc Bellemare, André Spénard, Sophie Dupont et Nathalie Roy ont fait front commun pour exiger une registre des délinquants sexuels à haut risque.

La CAQ veut un registre des délinquants sexuels

La Coalition avenir Québec (CAQ) demande formellement au gouvernement d'instituer un registre public des délinquants sexuels à haut risque au nom de la sécurité des enfants.
Les députés caquistes André Spénard et Nathalie Roy ont exhorté Québec, vendredi, à mettre sur pied un tel registre qui serait accessible par Internet. Ils étaient accompagnés de l'avocat et ex-ministre de la Justice Marc Bellemare et de Sophie Dupont, une militante en faveur d'un registre dont la fille a été agressée. 
Il est proposé de rendre accessibles des informations au sujet d'agresseurs sexuels récidivistes et à haut risque, explique M. Spénard. Le registre présenterait des informations telles que le nom, la photo, une partie du code postal et l'historique du dossier criminel du délinquant. 
«Il faut protéger nos enfants, il faut protéger nos femmes, a plaidé Mme Roy. Leur vie est trop importante.»
Justice populaire
Lorsque des demandes semblables ont été formulées par le passé, la crainte de la justice populaire a freiné les autorités, a soutenu Mme Dupont. Or, dit-elle, «il y a deux cas répertoriés actuellement au Canada, là où il existe un registre». 
M. Spénard note que la Cour suprême a autorisé le Manitoba, la Saskatchewan et l'Alberta à tenir un registre public des délinquants sexuels à haut risque. «On ne met pas la photo de la personne sur les poteaux et on ne donne pas son adresse exacte, a-t-il dit. On informe la population que, dans un certain quartier, il pourrait y avoir un pédophile.»
L'ex-ministre Marc Bellemare est tout à fait d'accord avec la proposition, qu'il qualifie de «brillante». Selon lui, si Michel Surpenant avait su en 1999 qu'un homme dangereux habitait en haut de chez lui, sa fille Julie ne serait probablement pas morte aujourd'hui. Les journaux publient de toute façon ces informations, plaide-t-il. Elles sont donc publiques, mais colligées nulle part. «Ceux qui veulent vérifier qui est le père de tel enfant, qui est la mère qui va amener ma fille au chalet pendant deux jours, vous allez pouvoir faire cette vérification minimale dans un registre», a déclaré M. Bellemare. Il est «inacceptable» selon lui qu'une telle chose ne soit pas déjà en place.