Pour la Coalition avenir Québec, il est temps de déménager le Salon de jeu afin d’aller chercher davantage d’argent neuf dans les poches des touristes

La CAQ veut sortir le Salon de jeux de Vanier

La CAQ trouve «inconcevable» que le Salon de jeux de Québec se situe à Vanier, l’un des quartiers les plus défavorisés de la capitale. Elle s’engage à le déménager en zone touristique, où il pourrait devenir un véritable casino.

Il s’agit du premier engagement que prend l’équipe de la Coalition avenir Québec dans la Capitale-Nationale en vue des élections du 1er octobre.

Le Salon de jeux a déjà déménagé en 2014 en raison de la construction du Centre Vidéotron, passant d’ExpoCité à Place Fleur de Lys, le centre commercial situé tout près. Une décision critiquée à l’époque par la Santé publique de la Capitale-Nationale. 

Pour le député François Bonnardel, «l’occasion était parfaite pour corriger une erreur historique» et éloigner les machines de loterie vidéo des citoyens les plus démunis. Ce qui n’a pas été fait. Depuis, le Salon de jeux a vu sa popularité et ses bénéfices augmenter. «Plutôt que de lutter contre le jeu pathologique, le gouvernement Couillard en a profité», déplore M. Bonnardel.  

Pour le parti, il est temps de déménager les installations afin d’aller chercher davantage d’argent neuf dans les poches des touristes. La CAQ a l’intention de demander à Loto-Québec de réaliser une étude d’opportunité pour que le Salon de jeux devienne un casino. Selon la députée Geneviève Guilbault, Québec est «rendue là» avec l’achalandage touristique qu’elle connaît. 

Le parti ne sait pas encore où ce futur casino pourrait être situé, mais il faudrait que ce soit dans un pôle touristique. Le terminal de croisières dans le Vieux-Port ou le boulevard Laurier, près du projet immobilier Le Phare, seraient des endroits potentiels, indique Mme Guilbault.

Pour M. Bonnardel, cette transformation du Salon de jeux permettrait à Loto-Québec d’engranger davantage de profits, mais n’empêcherait pas le Casino de Charlevoix de poursuivre ses activités. «Il est important que les deux puissent cohabiter.»

Le CAQ ne sait pas combien coûterait un tel déménagement, mais pour le candidat dans Vanier-Les Rivières Mario Asselin, il s’agit avant tout d’un «investissement très fort dans la santé publique» et dans le développement touristique. Selon lui, le Salon de jeux actuel représente «une tache» au cœur du quartier. 

Grogne dans Charlevoix

Cette proposition de la CAQ a suscité une levée de boucliers dans la région de Charlevoix. Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, rappelle que le casino qui a pour mission de servir la grande région de la Capitale-Nationale se situe dans sa ville. 

Le Parti québécois croit que la CAQ entre en «guerre contre l’économie charlevoisienne» et les 250 emplois que compte le Casino de Charlevoix. La députée Agnès Maltais critique la vision «étroite et centralisée du développement économique» de la CAQ pour la Capitale-Nationale. 

La députée libérale de Charlevoix–Côte-de-Beaupré Caroline Simard a aussi soutenu que la CAQ faisait preuve d’un «manque de jugement» en faisant une promesse qui «ne tient pas la route». Mme Simard croit que le seul et unique casino de la région doit demeurer celui de Charlevoix. 

Son collègue Sébastien Proulx, ministre responsable de la Capitale-Nationale, a quant à lui refusé de prendre position, en soutenant que le Salon de jeux et le fait d’avoir un ou deux casinos dans la région de Québec n’étaient pas «une priorité» quant à lui.

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LA CAQ N'A PAS APPROCHÉ JONATAN JULIEN, POUR L'INSTANT

Quel avenir politique attend le conseiller municipal Jonatan Julien, qui vient de claquer la porte d’Équipe Labeaume? Certains le voient avec la CAQ aux prochaines élections, étant donné qu’il a déjà été candidat pour l’Action démocratique du Québec en 2003. 

Sans fermer la porte à cette éventualité, les caquistes ont été prudents mardi. «On respecte ce qu’il est en train de vivre et on respecte aussi le fait que pour le moment, il n’a pas donné d’indice quant aux suites qu’il entend donner à sa carrière», a commenté la députée Geneviève Guilbault. Selon elle, il serait «hasardeux» de lui faire ou non une offre à l’heure actuelle. «Si un jour, il annonçait son intention de se lancer en politique provinciale ou autre, ce sera sa décision. On avisera», ajoute-t-elle. 

Jonatan Julien n’a pas voulu accorder d’entrevues aux médias mardi. Jeudi dernier, il annonçait qu’il siégerait désormais comme indépendant au conseil municipal de la Ville de Québec.