Quebec Second Opposition Leader Francois Legault, right, is applauded by member Eric Caire and the rest of the caucus, at the beginning of a Coalition Avenir Quebec pre-session caucus meeting, Tuesday, September 1, 2015 in Scott, Que. THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

La CAQ veut faire un «retour aux sources», dit Legault

La Coalition avenir Québec doit effectuer un «retour aux sources» et miser sur l'éducation pour faire sa place sur l'échiquier politique cet automne, estime le chef François Legault.
En ouverture d'un caucus de deux jours de la CAQ en Chaudière-Appalaches, M. Legault a d'entrée de jeu tenu à réaffirmer qu'il sera à la tête du parti pour encore de «nombreuses années». Après un printemps difficile marqué par le départ du député Gérard Deltell et la défaite dans Chauveau, le chef caquiste dit être revenu de ses vacances en Europe encore plus motivé. 
«On va continuer à proposer des idées, parce que c'est d'abord ça la CAQ, a déclaré M. Legault. Et surtout, d'ici trois ans, on va bâtir un programme pour que les Québécois décident enfin de changer et qu'on puisse former un gouvernement en 2018.»
Le contexte politique a changé depuis les dernières élections, constatent le chef et son équipe. Le ménage dans les finances publiques entrepris par les libéraux, même s'il ne s'agit pas de la même recette, a privé la CAQ de l'un de ses chevaux de bataille. Aussi, la victoire de Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ, lui qui fait de l'indépendance sa «seule priorité», alimente la question nationale qui marginalise la CAQ. 
«Quand on a lancé la CAQ, on avait quatre sujets, rappelle M. Legault. L'économie, l'éducation, la santé et l'identité. On veut revenir à nos sources. On va rester un parti pragmatique, pas idéologique, qui défend les citoyens, pas les groupes de pression.»
L'Éducation en tête
M. Legault a confié à son député de Chambly, Jean-François Roberge, le mandat d'une tournée de consultation sur l'éducation. Il réitère que la profession d'enseignant doit être valorisée, que cela ne peut passer par un gel salarial, et que l'éducation est la clé du succès d'une société.
Je pense que la CAQ arrive à maturité, affirme M. Legault. [...] On a trois ans devant nous, on est dans une nouvelle phase, une phase de maturité où on doit proposer un programme pour gouverner dans trois ans. [...] Je me suis toujours battu pour l'éducation, je vais continuer de me battre pour l'éducation. Ça n'a peut-être pas beaucoup paru dans les derniers mois, donc ça va paraître dans les prochains mois.» 
Son périple européen en Allemagne, au Danemark et en Suède, cet été, a convaincu M. Legault que le Québec a des lacunes en termes de diplomation, de productivité et d'investissements privés. Il veut bonifier ses propositions du projet Saint-Laurent et de zone d'innovation où les universités et les entreprises collaborent de plus près. 
Question nationale
Le chef caquiste dévoilera mercredi son positionnement actualisé sur la question nationale. D'emblée, il apparaît clair que la carte autonomiste sera jouée à fond. Mardi, M. Legault a déploré que les libéraux songent à transférer à Ottawa une partie de la perception de l'impôt québécois.
L'épisode de la démission de Sylvie Roy n'a pas entamé son leadership, estime M. Legault. En fait, il dit avoir agi à la demande de «cinq députés», entre autres, qui souhaitaient que les problèmes se règlent. Il assure qu'il n'y a «pas de crise à la CAQ». 
«Quand on est chef, on a aussi une responsabilité d'agir quand c'est nécessaire, affirme M. Legault. C'est ce que j'ai fait avec Mme Roy. On a essayé de l'aider, que ça se passe autrement, mais je ne pouvais pas ignorer la situation. [...] Quand on a une personne qui a besoin de se faire dire qu'il y a des changements à faire, c'est ma responsabilité de le faire ou de m'assurer que quelqu'un le fasse.»
Redorer le blason des institutions
Le leader parlementaire caquiste, François Bonnardel, est revenu mardi sur sa demande au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, de revoir les façons de faire au parlement. Dans une lettre dont Le Soleil a obtenu copie, M. Bonnardel presse le président à convoquer une réunion du Groupe de réflexion sur le fonctionnement de l'Assemblée nationale. «Pour nous, il est important que, rapidement, on puisse s'asseoir et revoir le modèle de la période des questions, nos façons de faire, a dit M. Bonnardel. [...] J'espère bien que ce comité, qui ne s'est rencontré qu'une fois après 14 mois, puisse faire le travail rapidement.» Les applaudissements partisans, notamment, ont fait perdre «ses lettres de noblesse» à la période de questions, note-t-il. Le leader caquiste a parlé avec le président, mardi matin. M. Bonnardel assure avoir pleine confiance en M. Chagnon pour mener à bien les réformes nécessaires. D'autre part, M. Bonnardel a aussi demandé mardi à ce que la commission des finances publiques ait le mandat de se pencher sur la possible fin du monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ) dans la vente du vin. «Il ne faut pas que le rapport Robillard se retrouve sur une tablette», a déclaré M. Bonnardel.