Claude Blanchet, ex-président de la SGF.

La CAQ veut convoquer Claude Blanchet devant les élus

La Coalition avenir Québec (CAQ) aurait souhaité traîner en commission parlementaire le conjoint de la première ministre Pauline Marois. Claude Blanchet doit des explications aux élus sur un investissement déficitaire du Fonds de solidarité de la FTQ dans une de ses entreprises, clame François Legault.
Ce matin, à Saint-Eustache, où il a réuni ses députés, le chef caquiste a précisé qu'il prévoit contacter les libéraux de Philippe Couillard pour convoquer l'homme d'affaires devant les élus. L'approche sera effectuée la semaine prochaine, à la reprise des travaux de l'Assemblée nationale, a-t-il mentionné, peu de temps avant que le Parti libéral du Québec (PLQ) rejette la proposition.
M. Legault a amorcé la journée en revenant sur une affaire rendue publique par la commission Charbonneau. En 2008, le Fonds de solidarité a investi tout près de 3 millions $ dans Capital BLF. Une «fiducie familiale» du couple Marois-Blanchet, avait insisté le caquiste lundi.
Le chef de la deuxième opposition a signalé que M. Blanchet a payé ses actions 10 ¢ l'unité. Il a rappelé que le Fonds a payé trois fois plus cher, qu'il a perdu la moitié de son investissement et que M. Blanchet, lui, a encaissé près de 700 000 $ en frais de gestion.
François Legault n'a pas dit s'il croyait que le Fonds de solidarité a ainsi essayé de s'acheter de l'influence sur le Parti québécois. «Je trouve très troublant cet investissement», s'est-il contenté de dire.
Contrairement aux prétentions du PLQ, le caquiste a mentionné que «ce n'est pas le rôle de la commission Charbonneau d'évaluer les actions de M. Blanchet». À ses yeux, une investigation peut être conduite par le Vérificateur général du Québec, sur «mandat» spécial. Mais «ce pourrait aussi être de faire comparaître M. Blanchet en commission parlementaire».
La rencontre de l'aile parlementaire de la Coalition avenir Québec se déroule dans un climat chargé par des rumeurs d'élections hâtives. «Si on a une campagne électorale dans les prochains jours, je vais vous parler de ce "deal PQ-Blanchet" avec le Fonds de solidarité», a promis François Legault.
Fort Alamo
Pauline Marois a réagi avec colère à l'initiative de son adversaire caquiste. «Je comprends que M. [François] Legault est désespéré», a-t-elle lâché, rapporte La Presse. «Je vais inviter M. Legault à se calmer. Il exagère. M. Legault lance des attaques personnelles. Ce n'est pas digne de quelqu'un qui veut occuper la fonction de premier ministre.»
Elle lui a suggéré «d'aller voir les travaux de la commission [Charbonneau] sur les investissements de mon mari» et ceux du Fonds «dans l'entreprise de mon mari. L'avocate de notre formation politique a éclairé toutes les questions auxquelles il fait référence dans ses propos». La première ministre n'a pas répondu aux questions soulevées par la CAQ.
Pour sa part, le chef libéral Philippe Couillard a catégoriquement rejeté l'idée de la Coalition. Le Parlement n'a pas à se transformer en «commission Charbonneau parallèle». Il s'est gardé d'inviter la juge France Charbonneau à convoquer M. Blanchet - et, éventuellement, Mme Marois.
Il a néanmoins dénoncé le silence de la première ministre, qui refuse tout point de presse depuis quelque temps. M. Couillard profitera des travaux en Chambre pour questionner la chef péquiste, a complété son responsable des relations avec les médias. Charles Robert a comparé la sortie de M. Legault à la défense désespérée de Fort Alamo, au XIXe siècle, aux États-Unis : les caquistes, réunis pour leur caucus présessionnel, tirent leurs ultimes munitions avant le déclenchement d'un scrutin, a-t-il ironisé.
Avec la collaboration de La Presse Canadienne