Le porte-parole caquiste en matière de santé et de services sociaux, le député de Lévis François Paradis.

La CAQ réclame une enquête sur «un potentiel scandale de quotas de couches»

Devant la multiplication des histoires accablantes «qui confirment l'existence probable de quotas de couches dans les CHSLD», la Coalition avenir Québec (CAQ) réclame une enquête du Protecteur du citoyen.
Pendant la période des questions au Salon bleu, jeudi matin, le député François Paradis a rapporté que le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait reçu d'un préposé aux bénéficiaires de Montréal «un courriel qui contenait une vingtaine de témoignages sur des quotas de couches dans les CHLSD».
Le préposé aux bénéficiaires en question est Jean Bottari, qui travaille depuis 30 ans dans un centre de réadaptation physique et qui a publié des dizaines de lettres d'opinion dans divers journaux, en plus de faire partie de l'équipe de blogueurs du Huffington Post.
Selon le député de Lévis, les témoignages reçus par M. Bottari et transmis au ministre sont ceux d'employés du réseau et de familles de résidents, qui font notamment état de «quotas de couches». «Si le nombre est dépassé, c'est aux frais des patients», a rapporté M. Paradis.Le caquiste a également déploré que plusieurs résidents restent dans leur urine et dans leurs selles «pendant des heures, parfois même toute la nuit», que «la consigne est de changer la culotte lorsqu'elle est pleine à 80 %», que les préposés sont «contraints d'utiliser une culotte hyper absorbante pour ne pas avoir à la changer durant leur quart de travail» et que, dans certains départements, «les préposés sont chronométrés pour changer les couches».
«Est-ce que le ministre a lu son courriel, et est-il d'accord pour que le Protecteur du citoyen fasse enquête sur ces révélations?» a demandé le député de Lévis.
Le ministre Barrette n'a pas directement répondu à la question, se contentant de rappeler la tournée des CHSLD entreprise par son gouvernement «pour identifier quelles sont les meilleures pratiques».
«Au lieu de faire ce que fait actuellement le député de Lévis, nous faisons une démarche pour identifier ces bonnes pratiques, que nous allons exposer à la population» dans un forum qui aura lieu à Montréal les 17 et 18 novembre, a indiqué le ministre Barrette.
Scandale potentiel
Mais pour François Paradis, «l'approche qu'on devrait avoir, c'est de prendre au sérieux ce que les gens disent sur le terrain». «On a eu les bains au noir dans les CHSLD, on a maintenant un potentiel scandale de quotas de couches [...]. Pourquoi ne pas faire davantage? À quand une enquête du Protecteur du citoyen?» a-t-il insisté. Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, on assure qu'il n'y a «aucun quota de couches dans [ses] établissements».
«Les patients sont changés quand ils en ont besoin, point.
On veut que nos patients soient confortables, et on ne veut pas qu'ils développent des plaies ou d'autres problèmes» parce qu'ils auraient été laissés trop longtemps dans leur urine ou leurs selles, dit la porte-parole du CIUSSS de la Capitale-Nationale Karine Primard.