Le ministère de l’Agriculture a congédié le lanceur d’alerte et scientifique Louis Robert (photo) en janvier dernier, parce qu’il avait transmis à un journaliste de l’information sur les pesticides.

La CAQ prête à mieux protéger les lanceurs d’alerte

Le premier ministre François Legault s’est engagé mardi à améliorer la loi sur les lanceurs d’alerte, afin que les fonctionnaires qui sortent sur la place publique soient mieux protégés.

«La loi sur les lanceurs d’alerte, c’est une loi qui est nouvelle, qu’on va devoir améliorer, mais c’est important de protéger les lanceurs d’alerte, et c’est ce que le nouveau gouvernement va faire», a exprimé M. Legault à la période des questions.

Radio-Canada a révélé qu’au moins 10 fonctionnaires québécois, travaillant dans différents ministères, ont été sanctionnés depuis 2014 pour avoir parlé à des journalistes sans avoir obtenu l’autorisation de leur patron.

Une situation que la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé a dénoncée au Salon bleu. «En cette ère de fake news, on a réellement besoin de nos scientifiques. Les scientifiques sont là pour protéger l’intérêt public, pas être des béni-oui-oui du gouvernement.»

Rapport d’ici la fin juin

Le premier ministre caquiste a souligné que ces cas de sanctions sont survenus avant l’adoption de la Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles à l’égard des organismes publics, en 2017. Le président du Conseil du Trésor Christian Dubé attend d’ici la fin juin un rapport d’étape sur la façon dont cette loi a été appliquée depuis 18 mois. «On prend ça très au sérieux», indique M. Dubé, qui a demandé une compilation du nombre d’alertes qui ont été lancées dans tous les ministères.

La Coalition avenir Québec (CAQ) attend d’obtenir ce rapport avant d’agir. «Il faut regarder quels ont été les impacts de la loi, analyser les corrections qu’il faudrait faire, probablement quelque part à l’automne, et, au besoin, déposer un projet de loi. Mais c’est un sujet qui est important», indique M. Legault. Il avertit toutefois que son gouvernement cherchera à conserver un «certain équilibre». «On ne peut pas commencer à permettre aux employés de sortir toute l’information confidentielle qui est disponible dans les différents ministères.»

Dans les corridors de l’Assemblée nationale, le ministre des Transports François Bonnardel a indiqué avoir réclamé des explications de la part de son ministère quant aux sanctions imposées à un lanceur d’alerte en 2017, des sanctions qu’il ne juge pas «normales». «On ne bâillonne pas personne dans nos ministères.»


« En cette ère de fake news, on a réellement besoin de nos scientifiques. Les scientifiques sont là pour protéger l’intérêt public, pas être des béni-oui-oui du gouvernement »
Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a quant à lui refusé de prendre position. «J’ai entière confiance au sous-ministre pour gérer ce type de situation-là.»

Rappelons que le ministère de l’Agriculture a congédié le lanceur d’alerte et scientifique Louis Robert en janvier dernier, parce qu’il avait transmis à un journaliste de l’information sur les pesticides. Le ministre de l’Agriculture André Lamontagne avait cautionné ce congédiement, avant de se rétracter. Une enquête de la Protectrice du citoyen est toujours en cours au sujet de la façon dont M. Robert a été traité.

+

PAULINE MAROIS ET MARIE-CLAIRE KIRKLAND HONORÉES

Le nouveau pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale fera la part belle aux politiciennes. Les deux salles de commission parlementaire qui s’ajouteront à l’édifice du parlement porteront le nom de pionnières de la politique québécoise. La salle Marie-Claire-Kirkland rend hommage à la première femme qui est devenue députée en 1961, alors que la salle Pauline Marois honore la première et seule femme à l’heure actuelle qui a occupé la fonction de première ministre du Québec, en 2012. Les députés du Parti québécois se sont dits très touchés par cet hommage à Pauline Marois, qui a suscité «un grand consensus» au sein de tous les partis politiques. Le pavillon d’accueil de l’Assemblée nationale, un chantier de 60,5 millions $, ouvrira ses portes aux citoyens le 1er juin. Ce pavillon présentera entre autres des expositions interactives sur l’histoire parlementaire du Québec.