M. Duchesneau a confirmé mercredi en point de presse ce dont tout le monde se doutait déjà, à savoir qu'il ne sera pas candidat pour la Coalition avenir Québec (CAQ) lors des prochaines élections générales

La CAQ perd Jacques Duchesneau pour le prochain scrutin

Jacques Duchesneau, qui avait électrisé de son aura de «policier justicier» la campagne électorale 2012 de la Coalition avenir Québec (CAQ), ne sera pas sur les rangs au prochain scrutin.
Le flamboyant personnage en a fait l'annonce, en fin de journée mercredi, à l'Assemblée nationale. Il était accompagné du chef de la CAQ, François Legault. Visiblement, celui-ci a souhaité jusqu'au dernier moment conserver ce pilier de son équipe.
M. Legault a tenu à remercier M. Duchesneau d'avoir «embarqué dans cette aventure» qui en fait le député de Saint-Jérôme pendant un an et demi. Le leader caquiste n'a pas caché que «ce fut un moment difficile pour les autres députés» de sa formation d'entendre leur collègue déclarer qu'il part.
En point de presse, Jacques Duchesneau a indiqué qu'il a pris sa décision «hier [mardi] soir avec [ses] proches». Une décision «mûrement réfléchie. Ma tête dit que je devrais rester. C'est mon coeur qui me dit le contraire».
Le facteur de l'âge ne serait pas étranger à l'aboutissement de sa réflexion. «J'ai commencé à toucher mon chèque de pension il y a 15 jours.»
En 2012, sa candidature était auréolée d'une solide réputation d'intégrité. Deux ans plus tôt, il avait conduit le travail d'un premier groupe d'enquêteurs sur la corruption et la collusion dans la construction.
Jacques Duchesneau a eu ce commentaire cinglant sur ses adversaires au pouvoir à l'Assemblée nationale. «Je n'aime pas voir des gens se lever et mentir.»
«L'injustice, je suis incapable. C'est rendu physique. [...] Alors avant d'être malade», a-t-il mentionné en suggérant que les fils de son cerveau se touchent quand il entend certaines interventions.
La rumeur courait depuis des mois que Jacques Duchesneau ne remonterait pas au front électoral. Certains bruits le disaient malheureux dans un rôle de député d'opposition. D'autres, trop à l'étroit dans les habits d'un partisan. Certains évoquaient qu'un froid s'était installé entre lui et des dirigeants de la Coalition après qu'il eut tenu des propos contre André Boisclair et la consommation de cocaïne, propos qui lui ont valu une poursuite par l'ex-chef du PQ.
Cette cause n'a absolument pas joué, a catégoriquement nié M. Duchesneau. «Ce serait mal me connaître.» Il jure que le parti et son chef n'ont jamais tenté de le faire taire dans cette affaire. «C'est peut-être une manoeuvre [en provenance du PQ] pour me museler, a-t-il avancé. J'étais certainement une personne à abattre.»
Par contre, y a-t-il comme un fond de vérité à dire qu'il avait un malaise avec les lignes de démarcation partisane? «Je veux continuer à défendre les principes de justice et d'équité», ce qu'il entend faire à compter de bientôt «comme libre penseur». Conclusion de son incursion en politique québécoise : «J'ai donné ce que j'avais à donner», a-t-il dit en substance.