Dans une lettre récente, le président du conseil d'administration de la Société des traversiers du Québec, François Désy, a invité le député caquiste Donald Martel à s'exprimer avec «retenue et discernement», suggérant ainsi que ce n'est pas ce qu'il fait.

La CAQ obtient une démission à la STQ

Le président du conseil d'administration de la Société des traversiers du Québec, François Désy, a remis sa démission lundi. Tout récemment, il avait invité un député caquiste à s'exprimer avec «retenue et discernement», une sortie inusitée s'agissant d'un dirigeant d'une société publique à l'égard d'un parlementaire de l'Assemblée nationale.
Le député visé, Donald Martel, de la Coalition avenir Québec, avait réclamé sa démission la semaine dernière. Affirmant qu'on cherchait à le faire taire, il entendait revenir à la charge ce mardi à la période des questions.
Le ministre des Transports, Laurent Lessard, n'a rien fait pour retenir M. Désy. On ne sait pas s'il approuvait les propos tenus par le désormais ex-président du conseil d'administration de la Société des traversiers du Québec. Mais il ne pouvait pas le défendre dans la mesure où il s'en était pris «aux droits et privilèges d'un parlementaire», pour reprendre l'expression technique en usage à l'Assemblée nationale.
Dans une lettre récente qu'il lui avait écrite, le dirigeant reprochait au député de la Coalition avenir Québec d'avoir été méprisant à l'égard des administrateurs de la Société des traversiers avec ses «esclandres» et ses «insinuations».
Il estimait que Donald Martel n'était motivé que par la «partisanerie» et l'accusait de «nourrir le cynisme au sein de l'opinion publique».
Il a démissionné de son poste pour des «raisons personnelles», disait-on lundi au siège de la Société des traversiers du Québec.
Une ligne rouge
Pour Donald Martel, l'affaire ne pouvait rester sans suite. D'abord, parce que M. Désy ne pouvait, selon lui, défendre l'indéfendable, c'est-à-dire la gestion «chaotique» de la Société des traversiers.
Le député de Nicolet-Bécancour dénonce régulièrement «la chute marquée de l'achalandage des traversiers, la hausse abusive des tarifs pour les usagers, les dépassements de coûts importants encore injustifiés à ce jour, ainsi que l'embauche d'employés additionnels affectés à des tâches purement administratives». C'est ce qu'il rappelait dans une lettre de réplique qu'il lui a écrite la semaine dernière.
Si l'affaire, à ses yeux, ne pouvait en rester là, c'était aussi et surtout parce que le dirigeant avait en quelque sorte franchi une ligne rouge en cherchant «à faire taire un parlementaire qui n'a fait qu'exercer sa fonction de contrôle de l'activité gouvernementale».
Cet épisode rappelle que les députés de l'Assemblée nationale bénéficient de droits et privilèges que n'ont pas les dirigeants et les administrateurs publics.