Le député Amir Khadir a réclamé jeudi la démission du ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Khadir réclame la démission de Barrette

Le député solidaire Amir Khadir réclame la démission du ministre de la Santé, Gaétan Barrette «pour le bien du réseau public de la santé».
Pendant la période de questions de l'Assemblée nationale et en point de presse, jeudi matin, le député de Mercier a accusé le ministre Barrette d'avoir désorganisé le système de santé et démoralisé les troupes avec ses réformes. Il a souligné qu'il ne se passait «pas une semaine» sans qu'un «cri d'alarme» ne soit lancé. 
Dénonçant le «climat de terreur» qui règne sous le ministre Barrette, le médecin a dit avoir reçu des témoignages de collègues «qui sont intimidés ou qui se sont manifestés et qui en ont subi les conséquences». La situation dans le réseau serait telle que des médecins démissionnent ou devancent leur retraite, a-t-il mentionné. 
Amir Khadir a notamment fait état de la démission d'une interniste de l'Hôpital de Lasalle, la Dre Marie-Michelle Bellon. Dans sa lettre de démission, la Dre Bellon affirme que la pratique en hôpital communautaire ne cesse de se détériorer depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement actuel, que le niveau d'insatisfaction est «très élevé» et l'atmosphère, «oppressante». 
«Traités comme des pions»
«Des omnipraticiens engagés et compétents sont forcés à quitter l'hôpital. Médecins de famille et spécialistes sont traités comme des pions qu'on peut déplacer sur un échiquier au gré des décisions arbitraires des gestionnaires. La "performance" des médecins est devenue le nouveau paradigme, la valeur ultime prônée par les administrateurs et relayée par les médias. On nous pousse à voir toujours plus de patients plus rapidement. L'important, c'est l'amélioration des statistiques à présenter au ministre omnipotent. Mes collègues sont démoralisés, impuissants et épuisés, tout comme l'ensemble du personnel soignant», écrit la Dre Bellon. 
À l'instar de l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, avec qui il s'est vu obligé, «pour une rare fois», d'être d'accord, Amir Khadir estime que le ministre Barrette n'est pas «l'homme de la situation». 
«Il a largement dépassé ses compétences et ses capacités, quelle que soit sa volonté, parce que ses méthodes de gestion par affrontement, de concentration du pouvoir, et ses décisions erratiques, à la pièce, [...] ont entraîné de graves conséquences sur le réseau de la santé», a-t-il résumé. 
Les réformes du ministre de la Santé «occasionnent des découvertures, et pas seulement aux urgences», a ajouté M. Khadir, qui accuse également Gaétan Barrette de «privatiser à la douce le système de santé». 
«Je lui demande, dans un geste noble et dans l'intérêt du système de santé, de donner sa démission», a réclamé le député Khadir, estimant qu'il s'agit d'une question de «lucidité» et de «responsabilité». 
En Chambre, le ministre Barrette a défendu son bilan. Selon lui, «le réseau n'arrête pas de s'améliorer», alors que plus de Québécois ont un médecin de famille et que les listes d'attente en chirurgie ont diminué, a-t-il illustré.