Le député de Québec solidaire Amir Khadir

Khadir aurait puni IBM

Le député de Québec Solidaire Amir Khadir ne comprend pas que le géant IBM puisse encore soumissionner pour des contrats publics alors qu'un de ses vices-présidents s'est fait coincer par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) il y a sept mois.
M. Khadir critique la position dominante de la multinationale informatique, qu'il assimile à un «monopole», et affirme qu'il ne faut pas avoir peur d'«attraper des gros poissons» pour faire échec à la tentation de la fraude. «Tant qu'on va se contenter de punir les petits poissons, la culture politique ou entrepreneuriale derrière, ça ne changera pas», fait-il valoir.
Lors d'une rafle de l'UPAC en mars, Patrick Fortin, vice-président Technologies et partenariats stratégiques chez IBM Canada, ainsi que les représentants Gilles Gariépy et Daniel Létourneau ont été arrêtés. Ils auraient comploté avec des fonctionnaires et des employés d'EBR, avec qui ils travaillaient en consortium, pour obtenir frauduleusement un contrat de 24 millions $ de Revenu Québec.
Selon M. Khadir, le fait qu'un vice-président soit visé par des accusations criminelles devrait automatiquement entraîner une sanction, à savoir l'inscription de l'entreprise au Registre des entreprises non admissibles (RENA). Une fois qu'elle aurait montré patte blanche, elle pourrait retrouver son droit de soumissionner.
Dans le cas d'IBM, les vérifications sont toujours en cours sans qu'il y ait eu de conséquence légale.
Un resserrement «pourrait peut-être ouvrir le jeu à des petits joueurs, ce qui pourrait permettre une réelle concurrence dans l'octroi des contrats publics et occasionner des économies pour l'État», dit le député de Mercier.