«Je ne pense pas que le Parti québécois soit plus déconnecté que le Parti libéral», a plaidé Amir Khadir en concentrant le tir contre les troupes de Philippe Couillard.

Khadir à la défense du PQ

Le solidaire Amir Khadir se porte à la défense du Parti québécois, dépeint dans un rapport commandé par le chef Jean-François Lisée comme une formation politique vieillissante et déconnectée, comme «un club social».
«Parfois, on jette des anathèmes comme ça, un peu trop facilement», a commenté le député de Québec solidaire.
À ses yeux, c'est l'ensemble de la «classe politique traditionnelle» occidentale qui est «déconsidéré». C'est par exemple le cas du Parti socialiste français et du Parti démocrate américain, ajoute-t-il.
«Je ne pense pas que le Parti québécois soit plus déconnecté que le Parti libéral», a enchaîné M. Khadir en concentrant le tir sur les troupes de Philippe Couillard. «La différence, c'est que le Parti libéral n'a pas besoin d'être connecté à la population. C'est un parti qui représente les affairistes et les grandes fortunes du Québec.»
Les symboles religieux
Le rapport commandé par Jean-François Lisée à Paul St-Pierre Plamondon, candidat défait lors de la dernière course à la direction du Parti québécois, a surpris des députés péquistes. Certains ont même reçu des messages de militants leur disant que le «parti se tire une balle dans le pied» avec un tel rapport.
Ce n'est pas l'avis de M. Lisée. «On a la mesure du défi qui est devant nous. On n'a pas peur des défis. On est en mode lucidité et solution.»
Le mandat de Paul St-Pierre Plamondon était d'interroger des «moins de 40 ans», des Québécois issus de la «diversité» et des «entrepreneurs», des groupes plus éloignés du Parti québécois que d'autres.
On lit dans son rapport que la «quasi-totalité des jeunes rencontrés ont peu d'intérêt pour le débat sur les signes religieux et ne voient pas le lien entre laïcité et identité»; qu'ils «s'attendent à juste titre que l'identité soit plutôt fondée sur la culture et la langue».
«Le PQ des belles années se définissait comme un parti réformiste, inventif et brasse-camarade.» Il est aujourd'hui vu «par certains comme un parti figé, conservateur et vieillissant», écrit M. St-Pierre Plamondon en déclinant pas moins de 108 recommandations.
«On était déjà conscient de certaines des choses qu'il fallait améliorer, a encore commenté M. Lisée. On a commencé à le faire. Paul St-Pierre Plamondon nous pousse encore plus dans cette direction-là. Alors, ça va être utile.»
Pour être certain que le document ne soit pas mal interprété, le chef péquiste soutient qu'«il n'est pas question d'exclure qui que ce soit de plus de 60, 70, 80 ou 90 ans. Nulle part il n'est écrit qu'on veut les exclure. Il est écrit qu'on veut passer le flambeau, faire du mentorat.»
Pain béni pour le PLQ et la CAQ
La diffusion de ce rapport, d'abord dans le Journal de Québec et ensuite sur le site jflisee.org, a constitué du pain béni pour la CAQ et les libéraux.
Le libéral Jean-Marc Fournier a noté qu'il ne cesse de répéter depuis des années que «le Parti québécois est dépassé». Aujourd'hui, «ça vient du Parti québécois lui-même».
Le caquiste François Legault a enfoncé le même clou : «La souveraineté n'est pas une priorité pour les jeunes. Ça fait longtemps que je l'ai compris.»
La vie des partis n'est plus ce qu'elle a déjà été. Le président sortant de la commission politique du Parti libéral du Québec, Jérôme Turcotte, a déploré, dans un rapport interne dévoilé l'automne dernier, que sa formation était en train de devenir une simple marque de commerce et qu'elle faisait de plus en plus fi de ses militants. Philippe Couillard avait dit que ce document devait constituer un guide, comme M. Lisée l'a fait ces dernières heures avec celui de M. St-Pierre Plamondon.