Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, s'indigne que LANEQ le taxe de «mauvaise foi» dans ses négociations et envisage une poursuite de 38 millions $ contre Québec sur cette base.

Juristes de l'État: un exécutif syndical «intransigeant», dénonce Moreau

Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, change de ton. Il déplore «l'intransigeance» et «l'approche totalement tordue» de l'exécutif syndical des avocats et notaires de l'État québécois (LANEQ) qui votent aujourd'hui sur la poursuite ou non de la grève.
M. Moreau s'indigne que LANEQ le taxe de «mauvaise foi» dans ses négociations et envisage une poursuite de 38 millions $ contre Québec sur cette base. Selon lui, la seule concession faite jusqu'ici par le syndicat en est une de façade puisqu'elle concernait une demande irréaliste, celle de l'arbitrage liant.
«Je n'ai jamais compris, moi, qu'une négociation de bonne foi est une négociation où l'on doit tout accorder à la partie avec laquelle on négocie», a déclaré le président du Conseil du Trésor.
«Dans ce dossier-là, a poursuivi M. Moreau, je fais face à un exécutif syndical qui s'est montré jusqu'à présent totalement intransigeant. [...] On a modulé les offres patronales au moins à quatre reprises.»
Le président du Conseil du trésor se dit prêt à faire la démonstration que sur une période de 4 ans, les membres de LANEQ «ont exactement dans leurs poches ce que les procureurs de la couronne ont».
«Ce qu'ils demandent, en réalité, ce n'est pas la parité avec les procureurs, c'est plus que ce qui a été accordé aux procureurs», affirme M. Moreau. Il soutient que LANEQ ne considère pas l'abandon de certains avantages sociaux par les procureurs dans leur calcul.
«Ce n'est pas négocier, ça»
«Quand j'entends le président du syndicat [Me Jean Denis] dire qu'on manque de respect et qu'on veut les humilier, moi je ne suis pas responsable de la stratégie utilisée par l'exécutif syndical dans leur négociation, a continué le président du Conseil du trésor. Eux ont recommandé à leurs membres de sortir en grève générale illimitée. Moi, le fonds de grève, je ne sais pas de quoi il est constitué. Eux ont choisi, alors qu'ils avaient un fonds de grève qui semble limité, de partir en grève illimitée. [...] Ils ont eu une stratégie qui fait en sorte que tu ne peux pas te présenter à une table de négociation et dire: "Moi, je ne bouge pas". Ce n'est pas négocier, ça.»
Lundi, le président de LANEQ a indiqué que ses membres sont «à bout de souffle» et ne touchent plus d'indemnités de grève depuis la fin janvier. Il a soutenu que les négociateurs gouvernementaux ne semblent pas aussi ouverts que le ministre Moreau à la table. Le président du Conseil du trésor assure qu'il n'y a aucune discordance entre lui et ses négociateurs.
«La dernière chose que j'ai en tête, c'est d'humilier ces gens-là, a déclaré M. Moreau. Quel intérêt ont-ils à prétendre cela? Mon impression, c'est qu'ils disent: "Faites une loi spéciale" - ce qui serait selon moi un manque total de respect - dans l'espoir d'obtenir dans une contestation judiciaire, ce qu'ils ne peuvent obtenir en négociation. C'est totalement tordu comme approche.»