Jean-François Lisée et son épouse Sandrine Perrot

Jean-François Lisée exige des excuses de Christine St-Pierre

La ministre Christine St-Pierre doit s'excuser d'ici sept jours ou assumer elle-même les frais de la poursuite en diffamation qui l'attend, menace le député péquiste Jean-François Lisée.
Accompagné de sa conjointe Sandrine Perrot et du chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, mardi, l'ex-ministre des Relations internationales a lancé un ultimatum à sa successeure libérale. Elle doit se rétracter publiquement d'avoir insinué à TVA qu'il aurait profité de sa fonction pour multiplier les missions à Paris dans le but d'y visiter sa conjointe et leurs enfants. La ministre St-Pierre, qui a demandé une «vérification» à son ministère, soutient qu'il s'est rendu à 11 reprises dans la Ville lumière en 18 mois.
«La raison pour laquelle Mme St-Pierre fait ces allégations mensongères sans aucune preuve, c'est qu'elles n'existent pas et qu'elle sait qu'elles n'existent pas», a déploré mardi le député péquiste de Rosemont, qui s'indigne que sa famille ait été mêlée à une attaque partisane.
«Il y a une règle non écrite dans la politique et les médias québécois : on ne touche pas à la vie familiale des élus, a déclaré M. Lisée. Or, Mme St-Pierre a franchi cette ligne rouge à toute vapeur. [...] Ce n'est pas vrai qu'on peut salir une réputation et s'en sauver. C'est le combat que je vais mener.»
Si la ministre ne s'amende pas de manière à lui donner satisfaction, M. Lisée entamera dans sept jours des procédures judiciaires pour laver son nom. Il entend le faire à ses frais, et estime que la ministre devrait faire de même et ne pas chercher un remboursement de l'Assemblée nationale.
M. Lisée reconnaît que, lors de missions en France ou d'escales à Paris, il a pris quelques jours pour aller voir sa conjointe et ses enfants. Mais jamais, assure-t-il, un seul sou des contribuables n'a été utilisé à des fins privées. Il jure avoir remboursé à la délégation tous les frais liés à ses déplacements personnels. M. Lisée n'a présenté aucun document à l'appui, mais assure qu'il en fera l'étalage si l'affaire se rend jusqu'à procès. L'ex-ministre a fait cinq missions à Paris, et des escales lorsqu'il s'est rendu à Londres, en Allemagne, en Italie, en Afrique, en Chine et au Japon. À titre comparatif, pendant la même période, son prédécesseur libéral, Pierre Arcand, a effectué six missions à Paris, sans compter les escales.
Pourquoi la ministre a-t-elle contacté un média avant d'avoir obtenu les vérifications de son ministère? demande M. Lisée. «Mme St-Pierre sait comment une poursuite en diffamation va se terminer, a lancé le député péquiste. Les faits, les témoignages, les documents vont lui donner tort et me donner raison.»
La conjointe de M. Lisée s'est dite «profondément choquée que [leur] vie familiale ait pu être utilisée à des fins purement politiciennes». 
Le député péquiste, que certains voient comme un prétendant à la succession de Pauline Marois, assure que «ce n'est pas la malveillance d'une ministre libérale» qui va changer «quoi que ce soit» à sa réflexion sur sa candidature.
Faire diversion
Le chef intérimaire du PQ, Stéphane Bédard, estime que le gouvernement libéral tente de «détourner l'attention médiatique» de l'embarrassante affaire Bolduc d'une façon «injuste et malhonnête».
En fin d'après-midi, Mme St-Pierre a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu'elle agit «comme ministre responsable, rigoureuse et transparente». Elle estime avoir soulevé des «interrogations légitimes» et ne pas avoir mis en cause la vie privée de M. Lisée. «Le député de Rosemont contribue à alimenter des propos diffamatoires que je n'ai jamais tenus», estime la ministre. La direction de l'audit interne du ministère des Relations internationales «a été mandatée pour faire les vérifications nécessaires».
Rien dans le communiqué ne s'apparente à une rétraction ou à une excuse, a constaté M. Lisée sur son blogue en soirée.