Jean D'Amour

Jean D'Amour à l'aise de ne pas avoir été invité au Port de Québec

Le ministre responsable de la Stratégie maritime, Jean D'Amour, n'est pas froissé que le gouvernement Couillard ait été laissé à l'écart de l'annonce au Port de Québec.
«Je n'ai pas eu d'invitation, mais je ne me formalise pas de ça du tout, a assuré vendredi le ministre D'Amour. Le gouvernement fédéral est chez lui. Il a décidé de procéder à un investissement. [...] On savait que c'était une question de temps avant que l'annonce soit faite.»
Le responsable de la Stratégie maritime, l'une des pierres d'assises du développement économique pour le gouvernement Couillard, assure que les frictions avec le Port dans le dossier n'ont rien à voir avec la situation.
«J'avoue qu'il y a quelques semaines, peut-être que les choses ont brassé un peu, convient le ministre D'Amour. Mais, aujourd'hui, tout est au beau fixe, le monde se parle, c'est ce qui est important.»
Québec et les autorités portuaires ne parviennent pas à s'entendre sur la nature de l'étude environnementale qui doit être menée avant l'agrandissement du port. Ce dernier, sous juridiction fédérale, refuse de se soumettre à un Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et veut mener ses propres consultations.
«Les relations sont très bonnes, assure M. D'Amour. Ce que l'on veut, et je suis sûr que le gouvernement fédéral veut la même chose que nous, c'est l'équilibre entre l'environnement et le développement économique.»
Investissement salué
Le ministre D'Amour salue l'engagement pris par le gouvernement conservateur et note qu'il s'inscrit dans les 9 milliards $ d'investissement public et privé qui seront générés par la Stratégie maritime sur 15 ans. «Ça va permettre au Port de consolider son rôle de leader économique dans la région de Québec», a-t-il noté.
De son côté, le ministre fédéral Denis Lebel a affirmé que l'absence du gouvernement du Québec n'avait rien d'inhabituel. «Je fais des annonces fédérales dans des équipements fédéraux, a-t-il expliqué. Il est tout à fait normal que ce soit comme ça. Pour nous, il n'y a absolument aucun problème avec ça.»
Mais le Parti québécois s'explique mal comment la Stratégie maritime du gouvernement peut s'articuler lorsque des annonces la concernant sont faites sans ses représentants. «Le Port de Québec, ce n'est pas un petit quai dans un coin perdu, a souligné Sylvain Gaudreault, porte-parole péquiste en matière d'environnement. C'est une grosse infrastructure. [...] D'un côté, le gouvernement du Québec annonce sa Stratégie maritime, et de l'autre côté le Port de Québec fait des annonces en vase clos avec le fédéral.»
Pour l'opposition officielle, la tenue d'un BAPE pour un projet de cette envergure est «la moindre des choses». Avec la collaboration d'Annie Morin