Dans une rare sortie publique, l'ex-chef du Parti libéral du Québec a partagé avec le magazine d'affaires internationales Global Brief son appréciation de l'initiative du gouvernement Marois.

Jean Charest «très préoccupé» par la charte

L'ex-premier ministre Jean Charest se dit «très préoccupé» par les conséquences de la charte des valeurs mise de l'avant par le Parti québécois pour mousser, selon lui, sa popularité.
Dans une rare sortie publique, l'ex-chef du Parti libéral du Québec a partagé avec le magazine d'affaires internationales Global Brief son appréciation de l'initiative du gouvernement Marois. Une entrevue accordée l'automne dernier qui est passée sous le radar médiatique.
«Je suis très préoccupé par les conséquences des actions récentes du gouvernement, incluant la charte des valeurs québécoises, parce que ce n'est pas inspiré par des motifs nobles», a déclaré M. Charest au magazine.
«C'est mis de l'avant pour des raisons très partisanes, a poursuivi M. Charest. Pour diviser la population plutôt que pour tenter de trouver un terrain d'entente.»
L'ex-premier ministre, aujourd'hui associé chez McCarthy Tétrault, n'a pas rappelé Le Soleil, vendredi. Il se fait généralement très discret lorsqu'il s'agit de commenter l'actualité québécoise.
Interrogé sur la question identitaire au Québec, M. Charest a soutenu qu'un consensus a «plus ou moins» été atteint au Québec, «même sur les enjeux de la langue». «Maintenant, ce consensus est remis en question par ce nouveau gouvernement provincial», affirme-t-il.
Enjeu de langue
En cours d'entrevue, l'ex-leader libéral aborde aussi l'enjeu de la langue au Québec. D'après lui, il serait plus facile de convaincre les Québécois d'apprendre l'anglais en insistant sur l'importance d'apprendre trois langues, dont l'espagnol. «L'argumentaire serait qu'il faut se rendre à l'espagnol, mais qu'il faut passer par l'anglais, affirme M. Charest. De cette façon, l'anglais devient plus acceptable pour les Québécois. Si on ne parle que d'apprendre l'anglais, par contre, on est apparemment en train de se faire assimiler.»
L'ex-premier ministre parle beaucoup de sa vision du fédéralisme. Il se prononce entre autres sur le dossier du Sénat et se dit «désemparé» devant le débat sur son abolition. Il s'étonne que le scandale des dépenses de certains sénateurs puisse amener une remise en question des «bases mêmes du fédéralisme». «Je suis bouleversé par le faible niveau de réflexion de nos leaders politiques à ce sujet, affirme M. Charest. Le Sénat a sa raison d'être et il remplit bien son rôle original. Les gens sérieux savent qu'on ne peut pas abolir le Sénat sans l'accord des provinces.»