«Dans la mesure où ces discussions-là portent sur des choses intéressantes, touchent les gens, vous allez voir, la ferveur va revenir, le goût de changer les choses va revenir.», a lancé Parizeau sous les applaudissements.

Jacques Parizeau donne des armes à l'opposition

L'inquiétude de l'ex-premier ministre Jacques Parizeau concernant l'avenir économique du Québec est venue alimenter les partis d'opposition, lundi, à la veille de la rentrée parlementaire.
La chronique de l'ex-chef du Parti québécois dans le Journal de Québec, lundi, s'est accordée parfaitement au concert de critiques du Parti libéral et de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Une étude des Hautes études commerciales rendue publique la semaine dernière démontre à juste titre que «nous vivons au-dessus de nos moyens», soutient M. Parizeau, une éminence grise du mouvement souverainiste. La compétitivité des PME, les exportations et la balance commerciale sont autant de sujets de préoccupation pour lui. «Il faut un remède de cheval, estime-t-il. C'est la première fois depuis 30 ans que je suis inquiet quant à l'avenir économique du Québec.»
La sortie du ténor souverainiste a été reprise au bond par Philippe Couillard, qui effectuera aujourd'hui son retour en Chambre à titre de chef de l'opposition. Le chef libéral n'a rien voulu entendre de la responsabilité de son parti pour le recul de la productivité sous le règne de Jean Charest. «Le PLQ a fait beaucoup pour développer l'économie du Québec, a plaidé M. Couillard. Pensez au Plan Nord, par exemple. Depuis son arrêt, c'est toute l'économie du Québec qui est en panne.»
Il a préféré insister sur la «performance lamentable» du PQ sur le plan économique, ses annonces électoralistes «comme si l'argent durement gagné des contribuables était de l'argent de Monopoly» et le «camouflage» potentiel et «proprement scandaleux» du prochain budget par un scrutin hâtif.
M. Couillard, qui prendra place pour la première fois dans la chaise du chef de l'opposition aujourd'hui, entend adopter un «ton ferme», mais ne cache pas une certaine nervosité. «J'ai passé plein d'examens dans ma vie, de toutes sortes, pour en arriver où je suis aujourd'hui, a illustré M. Couillard. Il y en aura un autre cette semaine.»
À la CAQ, le député Christian Dubé a souligné à grands traits la «crédibilité» de M. Parizeau en matière économique. «On est d'accord lorsqu'il dit qu'on est en train de frapper un mur et que si on ne change pas, il va arriver quelque chose de grave», a déclaré le député de Lévis.
Il est tout aussi «inacceptable» pour M. Dubé que la première ministre envisage de déclencher une élection sans déposer le budget. Il faudrait faire confiance à un gouvernement qui, à l'automne, répétait que le déficit zéro était à portée, note-t-il. «Tout à coup, oups, il pousse un déficit de 2,5 milliards $, a raillé M. Dubé. Les mêmes personnes nous disent : fiez-vous à nos chiffres. Moi, je vous dis, je veux un budget.»