Le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc, était de passage mercredi à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli.

Investir pour mieux détecter les baleines noires

MONT-JOLI — D’ici deux semaines, Ottawa devrait annoncer un investissement significatif dans une technologie visant à mieux détecter en temps réel les baleines noires et ainsi éviter les collisions avec les navires dans le golfe du Saint-Laurent. Mais, selon le ministre des Pêches et des Océans, il faudra attendre quelques années avant que cette technologie soit scientifiquement éprouvée.

Selon Dominic LeBlanc, l'efficacité et la fiabilité de cette technologie, qu'il qualifie d'«encourageante», restent à être démontrées. Il croit que des tests seront nécessaires avant que les navires et l'industrie maritime puissent vraiment se fier sur les résultats de cette technologie. 

Celle-ci pourrait également déceler la présence d'engins de pêche au fond de la mer. L'investissement pour le développement de cette technologie de détection serait puisé à même le Plan des océans, qui est de l'ordre de 1,5 milliard$.

«Il y a des technologies acoustiques qui offrent, par exemple, un potentiel très intéressant, a indiqué le parlementaire lors de sa visite, mercredi, à l'Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli. Mes collègues de la Colombie-Britannique ont souvent parlé d'utiliser aussi ces technologies-là pour éviter les interactions et les impacts du bruit avec les épaulards résidant au sud et qui sont énormément menacés.» 

Même s'ils attendent les avis scientifiques sur les baleines noires, le ministre LeBlanc et son collègue aux Transports, Marc Garneau, prévoient réitérer leur décision de réduire la vitesse des navires dans le golfe pour une deuxième saison. «Une réduction de deux nœuds augmente de 30% la chance qu'une baleine puisse éviter une interaction avec un navire», précise le politicien.

Par ailleurs, le ministre LeBlanc n'est pas convaincu de la faisabilité d'instaurer un «corridor» où les navires pourraient aller plus vite, comme l'a suggéré l'industrie des croisières. «Le problème, c'est que les capitaines des navires puissent trouver et respecter le corridor, soulève-t-il. S'il y avait un corridor où les scientifiques confirmaient, sur une base continuelle, qu'il n'y a pas de présence de baleines noires, je serais prêt à le considérer. Mais, juste d'établir un corridor, sans avoir accès à des données scientifiques fiables et en temps réel, n'est pas une solution viable, d'après moi.»

Dominic LeBlanc se dit préoccupé par l'impact économique de l'industrie des croisières et aux pertes encourues par les décisions de son gouvernement visant à protéger les baleines noires, comme ce qu'a connu Gaspé, l'été dernier. «Il ne faut pas non plus sous-estimer l'impact économique désastreux de ne pas prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les baleines noires, rétorque le ministre. Le gouvernement est énormément «focussé» sur cette question.»

Lors de son passage à Mont-Joli, le ministre des Pêches et des Océans a présenté les modifications à la loi sur les pêches qui permettront de réinstaurer les protections perdues et d'intégrer des mesures de protection modernes visant à protéger les poissons et leurs habitats. Le gouvernement y investira 284,2 millions$ répartis sur cinq ans.