En 2015, les maires de l'île d'Orléans avaient refusé fermement de lancer une étude de faisabilité sur la fusion des municipalités. Ils craignaient également que la fusion efface l'héritage, le cachet de l'île. Sans nécessairement générer des économies.

Île d'Orléans: le mouvement profusion deviendra électoral

Le mouvement profusion de l'île d'Orléans reprend son bâton de pèlerin à l'approche du scrutin de novembre. Le président d'Une île, une vision démissionne pour descendre dans l'arène électorale.
Au bout du fil, Jacques Paradis était peu loquace. Un peu parce qu'il sortait du cabinet du dentiste lorsque nous l'avons joint! Mais surtout parce qu'il convie la presse et les résidents de l'Île mardi. Il veut garder la primeur pour sa grande annonce.
Le regroupement profusion franchira alors une nouvelle étape dans sa campagne pour réformer la gouvernance de l'Île en fondant un «mouvement électoral».
«C'est toute une révolution qu'on fait sur l'île», évalue M. Paradis. «C'est une révolution sur l'aspect de la pratique électorale sur l'île. C'est quelque chose qui n'a jamais été fait ici.»
Jacques Paradis ajoute néanmoins : «Et ça va être également une révolution sur le plan démocratique. Parce qu'à l'île la démocratie, ça s'exerce aux quatre ans, ça ne s'exerce pas entre les termes. Alors, on veut changer un peu la formule.»
Quoi d'autre? «On va présenter un paquet d'idées sur quoi on s'enligne comme plateforme électorale.»
Une île, une vision va donc promouvoir la fusion? «Ça ne sera pas la fusion.» L'objectif n'est donc pas le regroupement des municipalités de l'île pour en créer une seule? «Pas au moment où on se parle.»
C'est un peu flou, mais pour les détails, il faudra attendre. Malgré les zones d'ombre, nombreuses, Jacques Paradis n'en dira pas plus.
Fondé en 2013
La préparation pour les élections de 2017 est une nouvelle étape pour le mouvement citoyen de l'Île d'Orléans fondé en 2013. Depuis, ses membres militent pour réduire le nombre d'élus sur le territoire épargné par les fusions municipales de 2001 : une quarantaine de conseillers représentent quelque 6600 habitants de Sainte-Famille, de Saint-François, de Saint-Jean, de Saint-Laurent, de Sainte-Pétronille et de Saint-Pierre, déplorent-ils.
Le regroupement des budgets pour développer des infrastructures collectives et l'harmonisation des règlementations sont au coeur de leur argumentaire.
En 2015, Une île, une vision avait financé un sondage pour accroître sa crédibilité. Selon le groupe de pression, les deux tiers des quelque 740 répondants étaient en faveur de la fusion.
Les maires avaient toutefois refusé fermement de lancer une étude de faisabilité sur la fusion. Ils critiquaient la méthodologie et le sérieux du sondage.
Les élus craignaient également que la fusion efface l'héritage, le cachet de l'île. Sans nécessairement générer des économies.
En 2013, Une île, une vision avait déjà goûté à la fièvre électorale. Le groupe avait présenté une douzaine de candidats dans trois des six municipalités, sans succès.
La rencontre d'Une île, une vision aura lieu à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans, 517, rue des Prêtres à 13h le 20 juin.