«Le problème avec Philippe Couillard, c'est qu'il vous dit blanc aujourd'hui, puis il vous dit noir demain», a déclaré Fatima Houda-Pépin lors d'une conférence de presse, mercredi.

Houda-Pepin épingle Couillard

La députée indépendante Fatima Houda-Pepin a tenu des propos très durs, mercredi, à l'endroit du chef du Parti libéral du Québec.
«Le problème avec Philippe Couillard, c'est qu'il vous dit blanc aujourd'hui, puis il vous dit noir demain», a déclaré Fatima Houda-Pépin avant d'ajouter qu'il lui avait menti.
En ces jours de précampagne électorale, sa sortie a stupéfié les libéraux, en plus de les inquiéter sérieusement. Elle a par contre réjoui les péquistes.
Mme Houda-Pepin ne ménagera pas son ancien chef, quitte à l'embarrasser par ses déclarations.
En conférence de presse, elle a aussi dépeint en faible son ancien collègue du caucus libéral Marc Tanguay. Il a été «envoyé à la guerre» pour donner la réplique au ministre Bernard Drainville «sans les outils et sans les armes» nécessaires, selon elle.
Or, «il n'a jamais été préparé, cet homme-là, pour faire face à toutes les subtilités de ce débat [sur la Charte de la laïcité] parce qu'au Parti libéral, on a fait l'économie de ce débat».
L'élue de La Pinière demeure blessée plus de trois semaines après avoir dû choisir entre le ralliement à la position officielle des libéraux et la porte de sortie. Elle a essuyé une larme, mercredi, en évoquant cet épisode.
«Je n'ai jamais pensé que je pourrais être traitée de la sorte au Parti libéral du Québec», a-t-elle laissé tomber.
Chez les libéraux, on rétorque lui avoir ouvert tout l'espace de discussion nécessaire. On insiste sur le fait que ce sont les membres du caucus qui ont refusé de la suivre sur l'interdiction de porter des signes religieux.
Combattre l'intégrisme
Fatima Houda-Pepin dit rêver de voir les chefs Pauline Marois, François Legault, Françoise David et Philippe Couillard s'asseoir autour d'une même table pour poser un jalon vers la neutralité religieuse de l'État.
«L'adversaire, c'est l'intégrisme», soutient-elle. Mettrait-on «en péril tout le projet de neutralité religieuse parce que chacun veut garder son petit morceau de chiffon?»
Elle a rencontré les caquistes mercredi. Elle rencontrera les solidaires jeudi et les élus péquistes mardi prochain, le temps de leur expliquer les tenants et aboutissants du projet de loi qu'elle vient de déposer.
Le ministre Bernard Drainville a évité de trop se commettre à ce sujet. «On est ouvert aux bonnes idées pour améliorer et bonifier» le projet de loi sur la Charte de la laïcité, s'est-il contenté de dire.
«M. Drainville s'obstine à faire de l'interdiction du port de signes religieux pour tous les employés de l'État le coeur de sa politique», a déploré la solidaire Françoise David.
«En ce qui me concerne, c'est un livre qui est fermé, a commenté Philippe Couillard. Nous, on ne veut congédier personne dans les hôpitaux, les écoles et les garderies pour une question de tenue vestimentaire.»