Hollande, Sarkozy et Chirac auraient été espionnés par la NSA américaine

WikiLeaks a publié mardi des documents selon lesquels l'Agence nationale de la sécurité américaine (NSA) a mis sous écoute les trois derniers présidents de la République française.
Personne n'a encore confirmé l'exactitude des documents qui ont été publiés par le quotidien Libération et le site Internet de nouvelles Mediapart, mardi soir.
Un porte-parole de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, s'est dit confiant de l'authenticité des documents, ajoutant que les précédentes révélations de l'organisme avaient toujours été exacts.
Si les pays se sont souvent partagé des renseignements, ils ne se sont pas privés de s'espionner mutuellement.
La Maison-Blanche n'a pas réagi à cette publication.
En soirée, les médias français rapportaient que l'Élysée avait décidé de réunir mercredi matin un Conseil de défense pour «évaluer la nature des informations diffusées par la presse ce mardi soir et en tirer les conclusions utiles».
Un assistant de Nicolas Sarkozy a déclaré à l'Associated Press que l'ancien président considérait ces méthodes inacceptables en général, et plus encore de la part d'un allié. L'assistant n'était pas autorisé à être nommé publiquement. L'ancien secrétaire général de l'Élysée sous la présidence de M. Sarkozy, Claude Guant, a décrit le procédé comme étant «inadmissible», selon Libération.
Les pays européens alliés des États-Unis s'étaient indignés des premières révélations d'Edward Snowden voulant que la NSA ait placé sous écoute leurs dirigeants nationaux.
WikiLeaks a publié sur son site Internet le contenu de cinq analyses de la NSA se fondant sur des écoutes. Les sujets portaient sur la nomination d'un sous-secrétaire général adjoint à l'ONU, le processus de paix au Moyen-Orient et les crises de l'euro entre 2006 et 2012.
Les fuites de WikiLeaks mentionnent également une liste de numéros de téléphone appartenant à des cibles d'écoute potentielles, dont le propre cellulaire du président français.
M. Hrafnsson a refusé de dire comment WikiLeaks avait pu obtenir ces documents. Il n'a pas précisé non plus ce que les médias français pourraient publier au cours des prochains jours, se contentant d'affirmer «qu'on peut s'attendre à de nouvelles révélations dans un avenir proche».
Ces révélations coïncident avec l'étude d'un projet de loi à l'Assemblée nationale française visant à légaliser la surveillance plus étroite de personnes soupçonnées de vouloir commettre un acte terroriste. Les députés de l'Hexagone pourraient adopter ce projet de loi, mercredi.