Gilles Duceppe a tenu à souligner que «la gestion des budgets de la Chambre des communes au Bloc québécois s'est toujours faite de façon transparente et honnête».

Gilles Duceppe victime d'un «assassinat politique», croit le SPQ-Libre

Les partisans de Gilles Duceppe se retrouvent un peu Gros-Jean comme devant. Marc Laviolette, du SPQ-Libre, croit que l'ex-bloquiste est victime d'une «tentative d'assassinat politique».
«Moi, je me suis levé parce qu'il y avait une crise de leadership et qu'on avait une alternative [M. Duceppe]», explique au Soleil M. Laviolette, vice-président de l'association de Beauharnois. «Ils l'ont liquidée. Qui? Je ne sais pas. Mais, chose certaine, ça fait le jeu des fédéralistes.» M. Laviolette a été de ceux qui ont réclamé la tête de Mme Marois la semaine dernière. Un appel qui n'a pas été appuyé par des députés.
L'ex-chef du Bloc québécois risque fort d'être convoqué devant un comité fédéral pour s'expliquer sur la rémunération du directeur général du parti, Gilbert Gardner, à même les fonds consacrés au fonctionnement de son cabinet politique. M. Duceppe pourrait être tenu lui-même responsable des quelque 100 000 $ annuels de salaire versés pendant sept ans à M. Gardner, a déjà prévenu un membre du comité de régie interne des Communes.
M. Laviolette croit que M. Duceppe parviendra à refaire son intégrité, même si ses anciens adversaires fédéraux s'en donneront à coeur joie. «Ils jubilent à Ottawa, dit-il. Duceppe a brûlé les libéraux au Québec et a sorti les conservateurs.»
Le représentant du SPQ-Libre ne croit pas que le politicien souverainiste soit «brûlé» au Parti québécois (PQ). Mais, en attendant, M. Laviolette a perdu son poulain. «Il y avait une alternative, là, il n'y en a plus, constate-t-il. [...] On se retrousse les manches et on fait de notre mieux pour faire avancer la souveraineté au Québec et ne pas trop se faire plumer aux prochaines élections.»
«Lacune de leadership»
De son côté, Jocelyn Desjardins, du Nouveau Mouvement pour le Québec, explique son appui à M. Duceppe par la nécessité pour le PQ d'avoir un leader «stable avec une vision large».
Il maintient qu'il y a une «lacune de leadership au PQ». «Mme Marois a beaucoup eu comme axe de communication l'idée qu'elle est résiliente, note-t-il. C'est une bonne chose, mais dans un contexte où on se dirige vers un mur, ce n'est plus vraiment de la résilience.»
Dans la mesure où le mouvement souverainiste nécessite avant tout de la stabilité et de l'unité d'action, il faut «forcément» appuyer la chef actuelle, constate-t-il.
«On a appuyé M. Duceppe parce qu'on pense qu'il avait une capacité à rallier les gens, dit M. Desjardins. Bon, là, il se retire. Je n'ai rien contre Mme Marois, sauf sa proposition de gouvernance souverainiste.»