Gilles Bernier considère que l'idée de rompre avec la gestion de l'offre des produits agricoles a nui à son fils.

Gilles Bernier «pas en peine» pour son fils Maxime

Le père du Beauceron Maxime Bernier, passé à deux doigts de devenir chef du Parti conservateur du Canada, estime que son fils a fait «une très belle course». «On est très fiers de lui. C'est un type qui a des principes et il a conservé ses principes jusqu'à la fin. Il n'a pas changé d'idée au gré du vent», a commenté dimanche Gilles Bernier, lui-même un ancien politicien.
Le Soleil a joint M. Bernier à sa résidence de Saint-Georges, dimanche. Il était de retour de Toronto, où il a assisté au dévoilement des résultats du vote pour déterminer le chef du parti formant l'opposition officielle à la Chambre des Communes.
Comme tous les analystes, le paternel considère que l'idée de rompre avec la gestion de l'offre des produits agricoles a nui à fiston. «Lui croyait en ça. C'est pas arrivé, mais un jour, on va être obligés de renouveler la gestion de l'offre. Ça va commencer par les États-Unis, par l'Europe, avec les traités de libre-échange», croit aussi M. Bernier. 
Le député de Beauce de 1984 à 1997 a fait référence à l'ex-premier ministre Brian Mulroney, qui a plaidé en février pour une sortie ordonnée de la gestion de l'offre. «Il y en a qui voient peut-être avant les autres», a lancé Gilles Bernier en parlant de son fils et de son ancien chef. 
L'UPA, un «cartel»
Celui-ci n'a pas hésité à qualifier l'Union des producteurs agricoles (UPA) de «cartel» et à voir dans la défaite de Maxime le résultat d'un mouvement syndical. «Les agriculteurs croyaient qu'en modifiant la gestion de l'offre, ils seraient tous dans la rue. C'est absolument faux», a-t-il répliqué. 
Cela dit, M. Bernier ne s'en fait pas pour l'avenir. «Maxime est toujours un excellent député de Beauce qui a gagné quatre majorités au-dessus de 20 000 voix. Je ne suis pas en peine pour lui», a-t-il laissé tomber, ajoutant que l'actuel député bénéficie d'«appuis fantastiques» dans sa région. 
S'il a ignoré les journalistes, dimanche, le finaliste de la course au leadership conservateur a d'ailleurs soigné ses relations. «Plusieurs Beaucerons ont voulu lui parler et il a répondu aux appels», a assuré son père. 
Pour le reste, il n'a pas élaboré sur les émotions ressenties par son fils. «C'est sûr que c'est des moments difficiles, mais il vit ça en homme», a résumé Gilles Bernier. 
De Toronto, Maxime Bernier est reparti pour Ottawa, où il doit participer au premier caucus dirigé par le nouveau chef Andrew Scheer, puis siéger toute la semaine avant de retourner dans son fief.
Maxime Bernier muet
Maxime Bernier est demeuré muet dimanche au lendemain de sa défaite devant le Saskatchewanais Andrew Scheer. Et il le demeurera pendant quelques jours encore, a confirmé au Soleil son attaché de presse, Maxime Hupé. «Maxime [Bernier] va prendre quelques jours avec sa famille», a-t-il indiqué dans un échange de courriels.
Jeudi, son attaché de presse avait pourtant indiqué que le député de la Beauce donnerait un point de presse dimanche matin à Toronto, qu'il soit gagnant ou perdant.  Camille B. Vincent