Un premier ministre Sylvain Gaudreault serait même prêt à dénoncer vigoureusement les violations des droits de la personne en Israël et en Chine.
Un premier ministre Sylvain Gaudreault serait même prêt à dénoncer vigoureusement les violations des droits de la personne en Israël et en Chine.

Gaudreault veut un Québec à l'offensive sur la scène internationale

Le Québec passerait à l'offensive sur la scène internationale avec un éventuel gouvernement péquiste dirigé par Sylvain Gaudreault.

L'aspirant à la direction du Parti québécois (PQ) veut que le Québec aille plus loin que les compétences qui lui sont habituellement reconnues, quitte à heurter le gouvernement fédéral. Un premier ministre Sylvain Gaudreault serait même prêt à dénoncer vigoureusement les violations des droits de la personne en Israël et en Chine.

Le député de Jonquière dit être «conscient» que la présence internationale du Québec n'est pas un enjeu dans la population, mais il a élaboré une série de mesures pour que les citoyens et les entreprises jouent un rôle plus actif et en tirent profit, par l'exportation de l'expertise québécoise : en environnement, en réseau de centres de la petite enfance, en énergies renouvelables, en gestion de l'eau, en industrie culturelle, etc.

Aller «plus loin»

Dans un document étoffé obtenu par La Presse canadienne, M. Gaudreault esquisse la politique internationale qu'il mettrait en œuvre s'il est élu chef du PQ et remporte les élections de 2022, avant que le Québec ne tienne un référendum sur son indépendance.

Le gouvernement Legault s'est doté récemment d'une nouvelle politique internationale, qui met l'accent sur l'économie. Traditionnellement, cette politique s'est fondée sur la doctrine Gérin-Lajoie, soit le prolongement international des compétences constitutionnelles du Québec, éducation, culture, etc.

Toutefois, Sylvain Gaudreault veut «aller vraiment plus loin», car selon lui, le fédéral et ses ambassades représentent mal le Québec à l'étranger. En entrevue téléphonique mardi, il a indiqué qu'il élargirait le réseau de délégations du Québec à l'étranger, qui jouent en quelque sorte le rôle d'ambassades actuellement.

«Je veux qu'on commence à exprimer des positions distinctes du Canada (...) et à préparer le terrain pour l'indépendance», a-t-il expliqué.

Quant à savoir s'il ne craint pas une contre-offensive d'Ottawa, qui lui mettrait des bâtons dans les roues, ce qui est déjà arrivé autrefois sous des gouvernements péquistes, il a répondu : «je m'en fiche».

M. Gaudreault soutiendrait également activement le droit à l'autodétermination d'États fédérés comme la Catalogne et l'Écosse. Son éventuel gouvernement chercherait une coopération avec les pays membres du Conseil nordique, comme la Finlande, l'Islande, la Norvège. Ces pays partagent beaucoup avec le Québec, notamment des réalités économiques et climatiques, mais aussi des valeurs, a-t-il plaidé.

Chine, Israël, Palestine

Sur le plan des droits de la personne, un premier ministre Sylvain Gaudreault serait intraitable. Il croit nécessaire de «dénoncer activement les atteintes aux droits humains des Palestiniens par Israël ainsi que les inactions de la communauté internationale», peut-on lire dans le document.

Fier membre d'Amnistie internationale, il assure qu'il serait prêt à soulever l'enjeu des droits de la personne et du traitement des minorités en Chine, où le Québec a un partenaire, la province du Guangdong. Cette question délicate a pourtant déjà fait trébucher le premier ministre Philippe Couillard il y a quelques années.

«Je n'ai pas la prétention d'arriver tout de suite avec mes gros sabots», a concédé M. Gaudreault, tout en ajoutant : «je veux bien qu'on signe des ententes commerciales avec la Chine, mais il faut passer des messages et je ne me gênerais pas pour le faire».

Aller «ailleurs»

Enfin, le candidat à la direction du PQ voit l'affirmation nationale du Québec sur l'échiquier mondial comme le prolongement naturel de son identité. Et ça passe par le français, qui fait la distinction du Québec, a-t-il précisé.

Cependant, il estime qu'il faut dépasser la longue tradition du couple France-Québec, sur lequel s'est fondé depuis les années 60 l'ambition diplomatique québécoise.

«Je suis conscient de la relation privilégiée avec la France, mais il faut aller ailleurs», a-t-il conclu.