Le ministre de la Famille, Luc Fortin, annoncera mercredi à Sherbrooke que les 7,3 millions $, mis de côté par le ministre des Finances Carlos Leitão pour favoriser la conciliation famille-travail-études, serviront à expérimenter de nouvelles formules de garde, en plus de celles qui existent actuellement.

Garde à horaires atypiques: Québec sollicitera des projets

EXCLUSIF / Véritable leitmotiv social, scandé depuis l’équivalent d’une génération, la «garde à horaires atypiques» figure au cœur de tout nouveaux programmes du ministère de la Famille. À travers eux, Québec sollicitera des projets susceptibles de faire des émules — et capables de survivre au temps.

Trois mois après la présentation du budget 2018-2019 du ministre des Finances, son collègue de la Famille, Luc Fortin, annoncera mercredi à Sherbrooke que les 7,3 millions $ mis de côté par Carlos Leitão pour favoriser la conciliation famille-travail-études serviront à expérimenter de nouvelles formules de garde — en plus de celles qui existent actuellement.

Près de la moitié de ces 7,3 millions $ ira à un «projet pilote» que le ministère de la Famille retiendra de propositions que devront lui faire parvenir des organismes à but non lucratif ou des coopératives. Une somme de 3,5 millions $ sur trois ans sera consacrée à ce projet pilote, qui pourra voir le jour n’importe où au Québec.

L’enveloppe globale de 7,3 millions $ court sur cinq ans. Elle donnera naissance — outre à ce projet pilote — à deux nouveaux programmes de soutien. Le premier sera destiné au monde du travail. Il cherchera à soutenir les employeurs et les organisations désirant «adopter de bonnes pratiques en vue d’améliorer la qualité de vie des travailleuses et des travailleurs qui ont des responsabilités familiales», explique-t-on.

L’autre programme sera destiné au milieu de l’enseignement. Il visera spécifiquement les parents étudiants. Il pourra soutenir financièrement les commissions scolaires offrant des services de formation professionnelle et de formation aux adultes ou des établissements d’enseignement supérieur. 

Le ministère de la Famille fait valoir que les parents étudiants ont «besoin de flexibilité supplémentaire parce que leurs besoins de garde en tant qu’étudiants s’ajoutent à leurs besoins de garde liés à leur emploi».

Faire long feu

Au fil des ans, plusieurs projets de toutes sortes de «garde à horaires atypiques» ont vu le jour au Québec, mais très peu ont perduré dans le temps. La plupart ont fait long feu.

C’est pour cela, précise-t-on au gouvernement, que le ministre Luc Fortin lancera en quelque sorte ce mercredi un «appel de projets» et que cet appel s’adressera aux «gens du terrain», aux gens concernés d’une façon ou d’une autre par cette problématique. Ces personnes seront mieux à même de développer une ou des formules porteuses que le ministère, postule-t-on.

Le ministère du Travail a procédé de la même manière la semaine dernière, bien que dans un tout autre domaine. Il a invité employés et employeurs à soumettre des projets susceptibles de contrer le harcèlement psychologique et sexuel en milieu de travail. Il a annoncé qu’il disposait de 6 millions $ pour soutenir les projets qu’il retiendra parmi ceux qui lui seront soumis.

Luc Fortin donnera ainsi suite aux engagements le concernant pris par le gouvernement lors du dévoilement du budget 2018-2019. En mars, le ministre Carlos Leitão avait indiqué que Québec présenterait des initiatives pour «bonifier et promouvoir les différentes mesures déjà en place pour faciliter la conciliation famille-travail-études».

Il avait aussi noté que sa collègue responsable du Travail, Dominique Vien, déposerait un projet de loi modifiant les normes du travail, lequel contiendrait de «nouvelles dispositions visant à bonifier les congés pour obligations familiales ou parentales». Ce projet de loi a été présenté et adopté.

M. Leitão avait également souligné que son collègue de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, présenterait un projet de loi permettant aux nouveaux parents d’étaler sur une période de deux ans tous les congés parentaux auxquels ils ont droit. Il était question de «flexibilité». Cette proposition législative a bel et bien été présentée, mais elle ne s’est jamais rendue à l’étape du vote — et donc de l’adoption — à l’Assemblée nationale. Elle est restée lettre morte.