Prenant garde de ne pas tracer de parallèle entre le comportement de M. Berlusconi, condamné à la prison à deux reprises, et M. Péladeau, M. Barrette a cependant déclaré que pour l'influence sur les médias et les risques de conflit d'intérêts, la situation est comparable.

Gaétan Barrette compare Pierre Karl Péladeau à Berlusconi

La journée de jeudi à l'Assemblée nationale a débuté par une nouvelle sortie contre Pierre Karl Péladeau dont la situation a été comparée à celle du président déchu italien Silvio Berlusconi par le ministre Gaétan Barrette.
À son arrivée au caucus des députés libéraux, M. Barrette a avancé que «le lien est évident, c'est clair. L'histoire de Silvio Berlusconi est un magnifique exemple de choses à ne pas faire», a-t-il affirmé au sujet de l'ex-politicien italien qui s'était servi de son puissant groupe de communications comme moteur pour sa carrière politique.
Le ministre de la Santé a établi qu'il ne fait cependant aucun parallèle avec le comportement sulfureux avec le «Cavaliere». «Il n'y a pas de comparaison possible [avec Berlusconi], mais il n'en reste pas moins que, sur le principe de l'influence des médias, bien oui, c'est comparable.»
Ses propos lui ont valu les foudres de ses adversaires politiques. À commencer par le principal intéressé. Le député péquiste Pierre Karl Péladeau a exigé des excuses «sans délai» du ministre. M. Barrette ne s'est pas exécuté et, pour l'instant, aucune menace de poursuite n'est lancée.
«En me comparant à Silvio Berlusconi, ou en laissant entendre tout rapprochement avec ce personnage, le ministre Gaétan Barrette commet, en plus d'une faute, une injure à la fonction parlementaire», a écrit M. Péladeau sur sa page Facebook.
«Il m'a associé de façon volontaire à Silvio Berlusconi, qui a été condamné dans son pays, l'Italie, pour fraude fiscale, en plus d'avoir fait face à des poursuites judiciaires en matière de moeurs et de malversations. Un tel rapprochement ne peut qu'être fait pour atteindre à ma réputation.»
Le chef par intérim du PQ Stéphane Bédard a vu dans les mots de M. Barrette le fin fond de l'histoire derrière la résolution visant à interdire à tout député et à sa famille de détenir une position de contrôle dans un média. «C'est le fond de l'attaque caquiste et libérale» soit «tenter de barrer la route» à un député populaire, élu démocratiquement. «Quant à Berlusconi... M. Barrette devrait mettre toute son énergie à se contrôler et à respecter les gens.»
Le chef de la Coalition avenir Québec a aussi décrié le ministre de la Santé. «C'est la troisième fois que M. Barrette fait une gaffe», a commenté François Legault. «Comparer Péladeau à Berlusconi, c'est complètement inapproprié. Je trouve très malheureux que les libéraux amènent le dossier aussi bas.»