Front commun des maires sur les régimes de retraite

Les maires des grandes villes du Québec veulent mettre les régimes de retraite au coeur de l'imminente campagne électorale provinciale. Du côté syndical, on espère toutefois ne pas revivre à la grandeur de la province la dernière campagne municipale de Régis Labeaume.
Montrant une forte image d'unité à l'hôtel de ville de Québec hier, les maires de Québec, de Montréal, de Gatineau, de Sherbrooke et le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) ont souhaité que la campagne se transforme en une «commission parlementaire universelle» sur le projet de loi sur les régimes de retraite. La ministre du Travail, Agnès Maltais, déposera ce matin à l'Assemblée nationale ce projet de loi attendu.
La loi n'aura pas le temps d'être adoptée, mais au moins on saura ce qu'elle contient, se réjouissent les élus.
«Dans le contexte actuel, on n'a jamais pensé qu'il [le projet de loi] serait voté. Mais à partir de demain, on en connaîtra la teneur et on pourra en parler», a dit hier le maire de Québec, Régis Labeaume.
«S'il y a une élection, ce sera une commission parlementaire universelle», a illustré le maire de Rimouski et président de l'UMQ, Éric Forest.
Les élus demanderont aux chefs des partis de se mouiller sur la question en vue d'un éventuel scrutin qui s'annonce déjà sous le signe de la fameuse charte des valeurs québécoises.
«On ne pense pas qu'ils vont parler pendant 35 jours, 24 heures par jour, de charte. Il peut aussi y avoir un autre sujet», a lancé M. Labeaume.
Ce dernier et M. Forest étaient accompagnés du maire de Montréal, Denis Coderre, en plus du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et de celui de Sherbrooke, Bernard Sévigny.
Des fleurs à Maltais
Les maires présents ont aussi salué Agnès Maltais, qui, disent-ils, «a livré la marchandise» en déposant son projet de loi dans le délai souhaité.
«On veut rendre à César ce qui revient à César», a illustré Denis Coderre. «Elle tient sa promesse. On a mis beaucoup de pression, on en est conscients, et là, on est heureux de la situation», a renchéri M. Labeaume.
Ce projet de loi donnera des balises pour que les municipalités et leurs syndicats puissent négocier le système de prestation des retraités. Au coeur du litige, le partage des déficits passés des régimes. Croisée dans les corridors de l'Assemblée nationale, hier, la ministre Maltais a laissé entendre que le contenu du projet de loi ne sera pas étranger aux résultats du forum qui avait été tenu, le 21 janvier, entre ministres, maires et syndicats.
À l'époque, Mme Maltais s'était réjouie qu'un nouveau partage des déficits ne pouvait être atteint que par la négociation.
Répétition de l'automne
Du côté syndical, le vice-président régional pour le Québec du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Denis Bolduc, a dit hier craindre qu'une éventuelle campagne sur les régimes de retraite soit la répétition de l'automne dernier, où les conditions des employés ont dominé la campagne de Régis Labeaume. «On ne peut pas transposer la campagne électorale du maire Labeaume au niveau provincial. Ç'a vraiment pas de sens», a-t-il dit.
Le directeur adjoint au SCFP, Marc Ranger, appréhende plutôt que l'attente de ce qu'il adviendra du projet de loi «fige» les négociations en cours dans les municipalités québécoises. Avec la collaboration de Michel Corbeil
Des données ouvertes plus accessibles
Les «données ouvertes» du gouvernement et des principales villes du Québec seront bientôt davantage accessibles pour être analysées, comparées ou utilisées dans diverses applications mobiles. Le ministre de l'Administration gouvernementale, Stéphane Bédard, et les maires de Québec, de Montréal, de Sherbrooke et de Gatineau ont annoncé hier qu'ils adopteront une licence commune qui harmonisera les données publiques sur divers points comme l'attribution des contrats, la localisation des stationnements, les travaux routiers, le réseau de pistes cyclables, par exemple. Ces données peuvent alors être utilisées par les citoyens. La Ville de Québec «libère» ses données depuis 2011 après avoir collaboré avec le regroupement Capitale ouverte. Le fondateur de cet organisme citoyen, Nicolas Roberge, s'est réjoui hier de cette sortie commune des élus. «On montre qu'au Québec, on prend cette initiative vraiment au sérieux.»