Kevin O'Leary a prononcé une allocution à l'Université Queen, à Kingston, jeudi.

Fraude électorale: le Parti conservateur retire 1351 membres de sa liste

Le Parti conservateur du Canada a annoncé qu'il avait expulsé 1351 personnes de sa liste de membres à la suite d'une enquête provoquée par les allégations de l'un des meneurs de la course à la direction du parti, Kevin O'Leary.
Le Parti conservateur du Canada a annoncé, vendredi, qu'il avait rayé 1351 personnes de sa liste de membres à la suite d'une enquête provoquée par les allégations de l'un des meneurs de la course à la direction du parti, Kevin O'Leary.
Ces individus ne pourront pas voter pour choisir un successeur à Stephen Harper.
Au terme d'une vérification rapide, le parti dit avoir découvert que 1351 cartes de membres avaient été achetées à partir de deux adresses IP et qu'elles n'avaient pas été payées par des membres individuels, tel qu'exigé par les règles du parti.
Le parti fait état d'un total de 1233 transactions effectuées sur son site web à partir de cartes de crédit prépayées au cours des six derniers mois. De ce nombre, la moitié ont été retracées jusqu'à ces deux mêmes adresses IP.
Le porte-parole du parti, Cory Hann, soutient qu'il est impossible de déterminer quelle campagne est à l'origine du stratagème puisque les cartes de membres ont été achetées de manière anonyme.
Cette nouvelle semble corroborer les allégations lancées par M. O'Leary, qui prétendait que l'un de ses rivaux, sans le nommer, utilisait des cartes de crédit prépayées, impossibles à retracer, afin de recruter de «faux membres» du Parti conservateur du Canada pour gagner des points dans la course. Deux sources qui ne sont pas liées au candidat ont estimé qu'il visait vraisemblablement Maxime Bernier.
Le stratagème allégué consisterait à enregistrer comme nouveaux membres du Parti conservateur du Canada des personnes puisées dans la liste du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario, peut-être même sans leur consentement. Or, plusieurs membres de l'équipe de Maxime Bernier ont également participé à la campagne victorieuse de Patrick Brown à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario en 2015, et pourraient bien être des partisans du député beauceron.
M. Bernier a rétorqué en traitant son rival «perdant» et de «mauvais candidat».
À la suite de l'annonce de vendredi, le député québécois s'est simplement réjoui sur Twitter que «le processus d'examen des membres fonctionne correctement».
«Forces à l'oeuvre»
M. O'Leary s'est pour sa part dit «satisfait», insistant aussi sur l'importance de trouver tous les membres fictifs.
Dans un communiqué publié en fin de journée, vendredi, l'homme d'affaires s'est dit préoccupé par le fait qu'il pourrait y avoir d'autres «faux membres».
«Il y a manifestement des forces à l'oeuvre qui tentent d'influencer le résultat», a-t-il souligné.
Plus tôt dans la journée, il avait tenté de rallier d'autres candidats à sa cause, sans grand succès.
Andrew Saxton et Rick Peterson avaient fait valoir que si la démocratie lui tient tant à coeur, il devrait participer aux prochains débats.
Kellie Leitch a quant à elle lancé qu'il n'avait pas l'ombre d'une preuve, soulignant au passage qu'il est l'unique candidat à avoir écopé d'une amende du parti, après avoir refusé de prendre part au débat bilingue tenu à Edmonton.
«Si ce n'est rien de plus qu'un coup de publicité et que M.O'Leary n'a pas de preuve, alors il devrait être puni dans toute la mesure du possible par le parti», avait pour sa part réclamé Brad Trost.
Les frais d'adhésion au parti se chiffrent à 15 $ et en vertu des règles de la formation, ils ne peuvent être déboursés que par chèque ou par carte de crédit personnelle - une restriction ajoutée précisément dans le but d'éviter que des candidats ne puisent dans leur budget de campagne pour inscrire des milliers de membres, comme cela a déjà été le cas.
Le Parti conservateur du Canada compte actuellement quelque 100 000 membres et ce chiffre devrait continuer de croître, alors que les candidats à sa direction ont jusqu'au 28 mars pour recruter de nouveaux militants qui seront habilités à élire le prochain chef, le 27 mai.