François Legault invite le ministre des Finances à consulter les rapports Montmarquette, Castonguay et Ménard pour déterminer les dépenses et les revenus de l'État québécois à revoir.

François Legault: sacrifier des «vaches sacrées»

Le péquiste François Legault exhorte le gouvernement Charest à s'attaquer sans attendre aux «vaches sacrées» de l'État, à sabrer les dépenses et à augmenter ses revenus pour revenir au déficit zéro.
En point de presse, hier, le porte-parole du Parti québécois en matière de finances s'est farouchement opposé à une modification de la loi antidéficit pour autoriser l'écriture à l'encre rouge dans les quatre prochains budgets.
«Il va falloir revoir certaines vaches sacrées», a affirmé l'ancien ministre des Finances, tenant d'une «gauche efficace». «Il va falloir prendre des décisions difficiles autant du côté des dépenses que des revenus, a-t-il poursuivi. Mais arrêtons de pelleter nos problèmes en avant et de laisser des factures à nos enfants.»
Le député de Rousseau a incité le ministre, des Finances, Raymond Bachand à s'inspirer de différents rapports - Montmarquette sur l'augmentation des tarifs, Castonguay sur le privé en santé, Ménard sur le décrochage - pour prendre ses décisions.
«Ce que Raymond Bachand vient nous dire, c'est : "Les décisions difficiles vont venir seulement après la prochaine élection. On ne veut pas prendre de chances pour la prochaine campagne électorale"», a analysé M. Legault, selon qui «on fonce dans un mur actuellement».
Malgré plusieurs questions en ce sens, le porte-parole ne s'est pas avancé sur les «vaches sacrées» auxquelles il s'attaquerait s'il tenait les cordons de la bourse. Mais il a réitéré que Québec aurait dû récupérer les deux points de TPS abandonnés par Ottawa et maintenir au même niveau les impôts des contribuables qui gagnent plus de 75 000 $ par année.
«Ce gouvernement-là a pris des décisions irresponsables depuis le début de son mandat et c'est pour cela qu'on est en déficit, critique-t-il. On utilise le prétexte d'une récession pour passer un déficit structurel qui est dû à leur mauvaise gestion.»
Tout indique que le projet de loi 40 ouvrant la porte à quatre années de déficit devra être adopté sous le bâillon puisque l'Action démocratique du Québec s'y objecte aussi. Il met plusieurs milliards de dollars «de plus sur le dos de nos enfants», a déploré le député de Shefford, François Bonnardel. D'autant qu'il s'agit d'un prélude à une modification à la loi sur le Fonds des générations, qui vise à réduire la dette.
Il n'a aucune foi dans la capacité du ministre à rétablir le déficit zéro. «Le cadre financier, il n'est pas vrai, dit M. Bonnardel. Il n'y a pas un banquier dans le monde qui peut accepter un cadre avec des chiffres qui ne sont pas vrais.»
Le ministre Bachand semblait néanmoins confiant de convaincre les parlementaires d'adopter son plan, hier. Il écarte l'idée d'alourdir le fardeau fiscal des contribuables. «L'effort pour retourner à l'équilibre budgétaire va être dur, mais de demander de compenser par 11 milliards $ d'augmentation de taxes ou de coupures de dépense, c'est irresponsable, dit-il. Et nous, on ne le fera pas.»