En conférence de presse, vendredi, au terme du caucus de deux jours de ses députés dans les Laurentides, en prévision de la reprise des travaux parlementaires mardi, le premier ministre François Legault a été très clair, excluant toute réduction des impôts des contribuables, cette année, voire dans les années subséquentes.

François Legault: aucune baisse d'impôts à prévoir dans le prochain budget

SAINT-SAUVEUR — Malgré les milliards de dollars de surplus qui dorment dans les coffres du gouvernement, les contribuables québécois ne doivent pas s'attendre à bénéficier de baisses d'impôts dans le prochain budget.

En conférence de presse, vendredi, au terme du caucus de deux jours de ses députés dans les Laurentides, en prévision de la reprise des travaux parlementaires mardi, le premier ministre François Legault a été très clair, excluant toute réduction des impôts des contribuables, cette année, voire dans les années subséquentes.

«Les Québécois ne peuvent pas s'attendre à ce qu'on utilise des marges de manoeuvre, soit pour dépenser, soit pour réduire les impôts. Il n'y a pas de marge de manoeuvre pour les prochaines années», a-t-il commenté.

Le ministre des Finances, Éric Girard, doit déposer son prochain budget en mars.

En appui à sa position, le premier ministre a rappelé que plusieurs mesures annoncées par son gouvernement l'an passé entreront en vigueur cette année, comme la révision graduelle de la taxe scolaire, sans compter l'augmentation des budgets consentis au réseau de la santé et au secteur de l'éducation.

Donc, a-t-il ajouté, si on tient compte des prévisions budgétaires révisées et des dépenses supplémentaires consenties pour respecter les engagements électoraux, et malgré la croissance des revenus dans les coffres de l'État, «il n'y en a pas de marge de manoeuvre pour 2020-21».

Il avait tenu le même discours en septembre dernier, à Rivière-du-Loup, également au terme d'un caucus, en affirmant, au moment de lancer le processus de négociation avec les syndicats du secteur public, que les employés de l'État ne devaient pas s'attendre à des augmentations de salaire supérieures à l'inflation. Encore là, il avait lancé: «il n'y a pas de marge de manoeuvre financière».

Pourtant, en décembre, à mi-chemin de l'exercice financier en cours, les coffres de l'État affichaient un surplus d'environ 3,8 milliards $.

À cette somme, il faut ajouter le versement de quelque 1,2 milliard $ au Fonds des générations.

Depuis le début de l'année financière, les revenus fiscaux générés par l'impôt sur le revenu des particuliers, les impôts des sociétés et les taxes à la consommation ont augmenté de 2,8 pour cent.

Pour l'ensemble de l'année en cours, notamment grâce à la bonne tenue de l'économie, Québec a revu ses prévisions à la hausse, espérant afficher un surplus de 1,7 milliard $.

Durant la prochaine session parlementaire, le premier ministre a dit vouloir en priorité concilier la création de richesse, pour réduire l'écart avec l'Ontario, évalué à 16 pour cent, et la lutte aux gaz à effet de serre (GES).

Le gouvernement doit présenter prochainement un plan d'électrification des transports, privés et collectifs, et par la suite un plan de lutte au GES.