Le Centre des congrès de Québec

Fin des contrats sans appel d’offres au Centre des congrès de Québec

La ministre du Tourisme Julie Boulet sonne la fin des contrats octroyés sans appels d’offre au Centre des congrès de Québec, qui accepte de se plier à sa nouvelle directive.

Depuis 25 ans, le Centre des congrès de Québec fait affaire exclusivement avec le service de traiteur Capital HRS pour les repas offerts aux convives. Le contrat, qui faisait l’objet de pourparlers pour un renouvellement en août, devra maintenant être ouvert à de nouveaux joueurs.

C’est Éric Caire, député de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui a crié au «scandale libéral» à l’Assemblée nationale jeudi. La CAQ a visé le Centre des congrès de Québec, mais aussi le Palais des congrès de Montréal, qui sont des sociétés d’État. Toutes deux font affaire avec des entreprises de restauration appartenant à la famille Tsatas, dont des membres seraient de «généreux contributeurs du Parti libéral».

M. Caire a également demandé à la Vérificatrice générale du Québec d’enquêter sur le sujet, étant donné que le Parti libéral (PLQ) aurait reçu 100 000$ en dons des dirigeants de ces services de traiteur entre 2000 et 2012. 

Pierre Michel Bouchard, pdg du Centre des congrès de Québec, avait indiqué à TVA Nouvelles mercredi qu’il n’avait pas l’intention d’aller en appels d’offre pour ses services de traiteur, car la loi ne l’y obligeait pas. 

«Je suis insatisfaite de sa réponse, il ne semble pas vouloir se plier à la demande qu’on a faite, donc il y aura une directive qui émanera du ministère dès aujourd’hui, qui va les obliger», a réagi la ministre en chambre. 

Mme Boulet avait déjà fait parvenir, en novembre dernier, une lettre aux sociétés d’État sous sa gouverne qui les invitait à procéder par appel d’offres. Elle va maintenant plus loin et se dit prête à «revoir carrément la loi» si ce n’est pas suffisant.  

Son collègue Robert Poëti, ministre délégué à l’Intégrité des marchés publics, demande aussi davantage de transparence de la part de ces gestionnaires. «Ce n’est plus la façon de travailler au Québec, dans des organismes aussi importants que ceux-là.»

Changement de discours

Après la sortie des ministres, Pierre Michel Bouchard a changé de discours. «C’est sûr qu’on va se conformer immédiatement», à la directive, a-t-il indiqué au Soleil en entrevue téléphonique jeudi. «J’avais pas l’intention d’encourir les coûts et le temps que ça prend d’aller en appel d’offres, mais là, ça va nous faire plaisir de le faire.»

M. Bouchard explique qu’il n’a pas de «préférence» pour l’entreprise Capital HRS, mais une bonne relation d’affaires et de confiance. Surtout lorsque le Centre des congrès doit servir 16 000 invités en même temps. «On sait aussi qu’il n’y a pas beaucoup de joueurs dans ce domaine-là», dit-il. 

M. Bouchard n’a pas voulu commenter les allégations de scandale de la CAQ. «Je ne connais pas l’allégeance politique des gens dans cette compagnie-là», a-t-il soutenu. À la période de questions, la ministre Boulet a défendu son parti. «Tous les partis politiques ont reçu du financement de la part de ces gens-là. Ce que je dis, c’est qu’on va améliorer les règles, on va être plus rigoureux, plus transparents.»