Jean Charest a défendu le travail de proches du Parti libéral du Québec, qui sont administrateurs du Fonds d'intervention économique régional Boréal (FIER-Boréal), affirmant qu'ils ont agi «à titre personnel» et «au vu et au su de tout le monde».

FIER-Boréal: Charest ne voit pas d'anomalie

Les sympathisants libéraux Pietro Perrino et Valier Boivin n'ont violé aucune règle en étant à la fois actionnaires de compagnies et gestionnaires d'un fonds public qui leur vient en aide.
Le premier ministre Jean Charest et Jacques Daoust, le patron d'Investissement Québec, se sont portés à la défense, jeudi, de ces deux administrateurs du Fonds d'intervention économique régional Boréal. Ce FIER a consacré la majorité de ses investissements hors de la région qu'il doit desservir, le Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Le premier ministre a insisté que MM. Perrino et Boivin ont agi en conformité avec les règles établies et connues pour le fonctionnement des FIER. «Ces gens-là agissent au su et au vu de tout le monde», a dit M. Charest, en conférence de presse.
«Au PQ, on fait beaucoup d'économie sur la vérité dans cette affaire-là, a déploré le chef libéral. Je m'en désole. Ils ne rendent pas service à leur crédibilité et à la classe politique en agissant de la sorte.»
Jean Charest ne semble pas envisager un changement aux règles qui permettent aux gestionnaires de FIER d'investir dans leur propre entreprise. «C'est une question hypothétique, a dit le premier ministre. On n'en est pas là. En général, les FIER ont bien fonctionné.»
Le pdg d'Investissement Québec, la société d'État qui parraine les FIER, a aussi rencontré les médias, en matinée. Aucune entorse aux règles, en matière d'éthique ou de conflit d'intérêts, n'a été relevée, a rapporté Jacques Daoust. Sont-elles adéquates? «Je n'ai pas à évaluer [leur] pertinence. [...] Nous ne sommes pas là pour challenger le mandat» confié par l'État, a laissé tomber M. Daoust.
Le pdg a fait valoir que MM. Boivin et Perrino possédaient déjà des parts dans deux des quatre compagnies subventionnées, Zoommed et Système Bus, avant que le FIER Boréal ne leur accorde des fonds. Ils siégeaient cependant au FIER lorsque celui-ci a pris une participation dans les firmes Ranaz et Toptent, a-t-il reconnu.
Dans un cas comme dans l'autre, cela ne pose pas de problème, à ses yeux. Les actionnaires du FIER n'ont pas à se prononcer sur une possible participation dans une entreprise. Cette tâche revient à un comité d'investisseurs du Fonds et ceux-ci ne participeraient pas à une prise de décision impliquant une de leurs firmes.
Selon Investissement Québec, les Fonds d'intervention sont tenus d'investir 50 % de leur capital dans leur région. Pour Boréal, le taux est d'environ 45 % mais, a glissé M. Daoust, l'organisme n'a pas encore investi la moitié des sommes dont il dispose. Le patron d'Investissement Québec ne voit pas matière à scandale à ce qu'une telle proportion des fonds quitte une région.
Les deux hommes d'affaires au centre de toute cette affaire se sont dits estomaqués d'être la cible des attaques du Parti québécois. Comme il l'avait indiqué, la veille, au Soleil, Pietro Perrino a dénoncé le critique péquiste François Legault. «Je suis resté complètement abasourdi par tant de faussetés et de démagogie», a-t-il lancé aux journalistes, lors d'une rencontre à Montréal.
Avec La Presse Canadienne